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Les aventures d'un ethnologue dans le grand monde

Lectures du soir 3 mai 2017


 

Les 15 possessions de James Altucher 31 décembre 2016


[Un article du New York Times a attiré mon attention et depuis plusieurs mois que j’y pense, je ne peux m’empêcher d’être marqué par la description d’un contexte occidental qui nous est à tous extrêmement familier, mais en même temps qui génère un mode de vie vraiment particulier au niveau individuel. Avant-garde ou marginalité, il n’est pas question de porter un jugement sur James Altucher, par contre il est intéressant de travailler sur les facteurs qui ont pu générer sa vision si singulière de l’existence. Car  des millions d’autres personnes dans le même contexte socioculturel ne développent pas du tout ce paysage mental, cet ethnoscape (comme dirait Arjun Appadurai). Une chose est sûre cependant, l’écart de vision du monde entre l’immense majorité de la population et James Altucher nous place presque en situation d’ethnologie du proche… Je reproduis l’article d’août 2016 ici, in french. ]

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« James Altucher est probablement le plus improbable des gourous du succès. Il est environ 10 heures en ce matin ensoleillé et il emballe dans un sac tout ce qu’il possède au monde : 15 objets.

Si je meurs, mes enfants auront ce sac en héritage,” dit monsieur Altucher ironiquement, alors qu’il range son ordinateur portable, un iPad, trois pantalons chino, trois tee-shirts et un sac de james-altuchercongélation contenant 4.000 dollars en billets de deux dollars. “Les gens se souviennent bien de vous quand vous laissez des pourboires de deux dollars” dit-il, en quittant le loft d’un ami situé à East 20th Street.

Il y a quelques mois, le garçon de 48 ans a laissé expirer le bail locatif de son appartement à Cold spring, New York et il a jeté ou donné quasiment toutes ses possessions, plus de 40 sacs poubelle de linge, vaisselle, vêtements, livres, diplômes universitaires et même d’albums photos de son enfance. Depuis lors, il rebondit de locations Air B’n’B en appartements d’amis.

Ce n’est pas qu’il ait manqué de chance. Plusieurs de ses 16 livres se vendent extrêmement bien, y compris son manifeste de développement personnel écrit en 2013 “Choose Yourself”. Ses podcasts hebdomadaires “The James Altucher Show,” proposent des interviews avec des personnalités aussi diverses que Ron Paul ou Luther Campbell du groupe 2 Live Crew. Sa série quotidienne “Question of the Day,” avec Stephen Dubner est téléchargée à peu près deux millions de fois par mois.

M. Altucher est simplement quelqu’un qui met en pratique ce qu’il prêche. Ces cinq dernières années, cet ancien entrepreneur de l’internet, investisseur et conseiller en finance s’est réinventé en gourou du développement personnel et du self-help. Il prêche la survie à une époque où le rêve américain ressemble à une escroquerie qui se résume à un diplôme encadré au mur, un bureau en étage élevé et une maison avec trois chambres. Alors il s’en est séparé, un élément à la fois.

J’ai une ambition,” dit-il, “c’est de ne pas avoir d’ambition.”

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Ces 25 dernières années le revenu moyen a diminué pour les 18-35 ans, l’endettement des étudiants a explosé” commente-t’il. “Nous avons distribué trois milliards de milliards de dollars de sauvetage pour les banques et les inégalités de revenu ont augmenté comme jamais. Les gens sentent qu’ils se sont bien fait avoir.”

Le diagnostic de James Altucher n’est pas une surprise pour la classe moyenne anxieuse, pour les dépossédés, qui ont propulsé très loin les populismes de Bernie Sanders et Donald Trump. Mais alors qu’il n’y a pas pénurie de colère et de confusion sur l’effondrement supposé du Rêve Américain, ce qui fait la particularité de monsieur Altucher est la conclusion qu’il en retire.

L’université dit-il, est une perte d’argent. Bien qu’il soit lui-même diplômé de Cornell, M. Altucher affirme que le diplôme universitaire est devenu un luxe dans un monde où les enfants nés au tournant du XXIe siècle se sentent comme des esclaves de crédits qu’ils ont contracté pour financer leurs études tout en ne pouvant pas trouver de premier emploi ensuite, non pour gagner leur vie mais pour rembourser leurs dettes. Dans un livre en auto-édition publié en 2012, (40 Alternatives to College) il argumente que les jeunes adultes pourraient parcourir le monde, s’éduquer sur internet par eux-mêmes et démarrer un business avec les mêmes 200.000 dollars qui leur servent à payer la fac. (NDT : aux Etats-Unis le college est l’équivalent de notre université. Notre collège français est appelé High school)

Investir cet argent à un taux d’intérêt de 5% offrirait un meilleur bénéfice à l’échelle d’une vie, écrivait-il dans un article en 2010 intitulé N’envoyez pas vos gamins à l’université.

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james-altucherIl argumente similairement que la propriété immobilière est une confiscation au profit d’une industrie du crédit qui pèse 14 milliards de milliards de dollars. C’est une arnaque complète,” dit-il dans une interview. “Personne ne devrait mettre plus de 5 ou 10% de son patrimoine dans un seul investissement. Mais lorsque les gens achètent de l’immobilier ils perdent toute prudence. Ils mettent 50, 60 ou 70% de leur richesse dans un seul objet. C’est du patrimoine illiquide et lorsque les temps deviennent durs, vous ne pouvez pas le vendre.”

Et il pense que l’investissement en bourse est un racket. Cette vision du monde est ancrée dans des expériences personnelles qui font ressembler sa vie à des montagnes russes, des expériences qui ont profondément influencé sa vision du monde. Dans les années 1990 alors qu’il était un magicien dans la Silicon Valley, James altucher gagnait des millions avec son entreprise de design web Reset, Inc. Il avait pour clients Sony ou Miramax. Bientôt, lui et sa femme Anne (dont il divorce en 2010) aquièrent un loft de 460m² à TriBeCa, acheté 1,8 millions et rénové pour 1 million de plus. Il était assez aisé à cette époque pour aller jouer au poker à Atlantic City en hélicoptère.

Ce mode de vie prodigue ne remplissait cependant pas son vide émotionnel. “Personne ne devrait se sentir désolé pour moi. J’étais vraiment stupide, mais je pensais que j’étais pauvre. Je pensais que j’avais besoin de 100 millions pour pouvoir être heureux, alors j’ai commencé à investir dans plein d’autres entreprises qui se sont avérées aussi nulles que moi. Aucun de ces investissements n’a fonctionné.”

Alors que sa bonne fortune s’effondrait, il fut obligé de revendre son appartement avec une perte d’un million, après les attaques du 11 septembre 2001. Pour remplumer son patrimoine, il misa sur le marché boursier. Il lut plus d’une centaine de livres sur l’investissement et finit par décrocher un travail pour écrire sur le site de James Cramer, TheStreet, et plus tard pour le Financial Times. Très vite, son crédo devint sa marque de fabrique et il travailla aussi pour CNBC.

Mais la chance tourna à nouveau quand commença la crise financière de 2008. Le hedge fund qu’il dirigeait fut fermé, des start ups où il avait investi firent faillite, plus personne ne lui demanda d’écrire d’article. Les options n’étaient plus si nombreuses et il choisit alors de raconter ses déboires sur son blog personnel Altucher Confidential. J’ai juste dit ‘J’ai fait toutes les erreurs possibles et imaginables, voici comment ça s’est passé’ ” A ses amis du secteur de la finance, il ressemblait à Howard Beale, l’homme-clé de l’émission Network, celui qui s’est effondré en direct .

Au lieu de recommander les derniers fonds spéculatifs à la mode, il écrivit des articles comme 10 raisons pour ne plus jamais posséder d’actions (la première étant que vous n’êtes pas bon pour les choisir). Il avoua des pensées suicidaires. Pour le monde de la finance, c’était comme regarder un accident de train en direct,” commente M. Altucher. “Des gens à qui je n’avais pas parlé depuis le collège m’appelaient pour demander si j’allais bien. ”

Il découvrit alors que plein de gens avaient vu leurs rêves partir dans le siphon de la crise. Eux aussi cherchaient une sortie de secours. “La recherche n°1 sur Google qui amène les internautes vers mon blog c’est ‘Je veux mourir’ ”.

Mais James Altucher ne semble pas la meilleure personne vers qui chercher du réconfort. Très contrarien, livresque et avec un phrasé saccadé, ce geek maigre du New Jersey est comme un anti-Anthony Robbins, la brillante étoile du self-help et du développement personnel. Son style de gars normal s’est pourtant avéré être un avantage pour créer une communauté de followers importante sur le thème du gagner un peu-perdre un peu et de “piratages d’existence”.

Il y avait le régime de 17 heures, où l’on ne mange plus rien après cette heure ; ou encore le truc de l’alien contre l’anxiété où il prétend être un extraterrestre qui se réveille chaque matin dans un nouveau corps, dans un nouveau monde. “Je n’ai plus de soucis puisque demain j’aurai un nouveau corps. Pas d’envie, pas de souci. Seulement de nouvelles choses à explorer.”

De manière candide, en écrivant sur ses triomphes et ses échecs, M. Altucher montre à ses lecteurs “comment réussir malgré leurs défauts, pas en n’ayant aucun défaut” commente Tim Ferriss, l’auteur du célèbre livre La semaine de 4 heures . “C’est très rafraîchissant, dans un monde où tous les gourous sont positifs et affichent des sourires forcés tout en congratulant des gens qu’ils ne connaissent pas.” Mais le ton positif de M. Altucher a quand même bien aidé, malgré ses points de vue piquants sur des sujets comme l’université. “Je suis un optimiste,” dit il. “Il y a une nouvelle publiée dans les années 1960 par Richard Fariña, intitulée J’ai si souvent été en bas que ça ressemble à être en haut pour moi. Fondamentalement, je suis tombé au sol tellement de fois, maintenant je sais qu’on peut toujours rebondir et chaque fois plus rapidement.”

Cette philosophie est très clairement exposée dans son ouvrage “Choose Yourself,” qu’il a résumé pendant un repas de cette manière : “Si vous ne choisissez pas la vie que vous voulez mener, il y a de grandes chances pour que quelqu’un d’autre choisisse à votre place. Et le résultat en général n’est pas beau à voir.” Certains chapitres s’appellent Comment être moins stupide (“Je perds 20% d’intelligence lorsque j’éprouve du ressentiment”) et Les sept habitudes des gens hautement médiocres (la procrastination, écrit-il, “est votre corps criant que vous devriez vous poser pour réfléchir à ce que vous faites”).

Un élément clé du livre est la Pratique Quotidienne , qui est une suite d’exercices de bien-être appliqués au physique, à l’émotionnel, au mental et au spirituel. Il appelle cela les quatre piliers du bonheur, parce que “une chaise a besoin de quatre pieds pour être stable. ”Et il n’y a jamais eu de meilleur moment pour se choisir soi-même (NDT : Choose yourself, le titre du livre en anglais).

Pas besoin d’être Mark Zuckerberg, dit-il, pour s’affirmer comme entrepreneur. « Vous pouvez apprendre les bases du développement web, vous pouvez rejoindre Codeacademy.com, savoir l’essentiel pour démarrer en trois mois, puis vendre votre savoir-faire sur Freelancer.com, où vous trouverez des millions de jobs. Je connais des gens de 15 ans qui se font quelques milliers de dollars par mois.

Grâce à l’auto-édition vous n’avez pas non plus besoin de vous appeler Deepak Choprah pour vendre vos livres (et encore moins pour les écrire). “Tout le monde peut être expert dans un domaine. Moi par exemple : je n’ai pas été actif dans une cuisine depuis 20 ans. Je déteste le végan. Mais ça ne serait pas difficile de lire 50 livres sur le véganisme, trouver les ingrédients fondamentaux et écrire un livre intitulé Recettes végan pour les non-végan.

Lui il sait. “Choose Yourself,” qu’il a auto-édité sur Amazon s’est vendu à plus de 500.000 exemplaires et est entré dans la liste des best sellers du Wall Street Journal.

Ses fans ne jurent que par lui. L’un d’eux, a récemment écrit un essai sur Medium décrivant à quel point il l’avait inspiré pour quitter son travail frustrant et lancer son propre business NomadFly.me . “Maintenant je danse en sous-vêtements », clame-t’il. « Je n’ai plus jamais eu d’attaque de panique. »

A talk he gave at a London church last year drew about 1,000 people, and fans have organized “Choose Yourself” meetups in cities around the world. On LinkedIn, where he publishes original free essays, Mr. Altucher has more than 485,000 followers and is ranked the No. 4 “influencer,” after Bill Gates, Richard Branson and Mohamed A. El-Erian, the financier and author.

Il est le Oprah Winfrey de l’internet,” dit Kamal Ravikant, un entrepreneur qui a auto-publié son propre best seller : “Love Yourself Like Your Life Depends on It.”

Mais contrairement à la plupart des gourous, “James est dans un voyage très personnel, en permettant à ses lecteurs et auditeurs de le rencontrer et de suivre ses pérégrinations en temps réel,” dit Brian Koppelman. “Il vous raconte un projet le samedi et le dimanche il vous dira comment ça s’est fini en échec. Puis le lundi il annonce qu’il va recommencer d’une autre manière.”

M. Altucher, en fait, réfute totalement l’idée d’être un gourou. Mes conseils sont mon autobiographie. Je dis ce qui a bien fonctionné pour moi, pour que d’autres puissent choisir d’essayer à leur tour ou pas.”

Qui plus est, ce qui fonctionnait hier n’est jamais garanti de fonctionner demain.

C’est comme Mike Tyson dit-il, Tout le monde a un plan, jusqu’à ce qu’il se prenne le premier coup en pleine face.

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« Le voyageur heureux voyage léger » pourrait être la devise de James Altucher, s’il n’avait pas appris à se méfier des fausses promesses de bonheur du Rêve Américain.

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Debout dans le désert 26 août 2015


Khaleed Al-Asaad (خالد الأسعد) était l’ancien directeur du site archéologiquKhaled-Al-Assad_palmyra-syria_2015e de Palmyre, en Syrie. Il avait tenu de poste de 1963 à 2003 et était expert indépendant  et toujours actif depuis.
C’était aussi un érudit comme il y en a peu et l’un des rares à parler couramment araméen, la langue du Christ (!).
Lorsqu’on s’intéresse à l’histoire ancienne de la région il est impossible de ne pas tomber sur des recherches menées par Al-Asaad. Dans la connaissance de la culture Palmyrienne, il était ce qu’Howard Carter est à l’égyptologie.

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L’existence d’un habitat permanent sur ce site est attestée depuis l’âge de Bronze et la ville devient indépendante 300 ans avant notre ère. Sa zone d’influence s’étend des rives du Nil à la Turquie.
L’importance du lieu réside dans le fait qu’il est au carrefour terrestre des principales voies de commerce de l’époque : Chine, Inde, Perse (Iran) et Europe romaine via la Méditerranée.
C’est aussi une oasis bien irriguée, ce qui n’est pas rien dans un climat désertique.
L’empire romain tente de l’envahir en -41 mais s’y casse les dents… avant de l’avaler (et l’agrandir) en utilisant l’argument du commerce (la « guerre économique » d’aujourd’hui). Au XVe siècle encore, la ville est renommée pour son commerce florissant et sa végétation abondante.
Son déclin s’amorce avec celui des routes commerciales terrestres.
A partir du XVIe siècle en effet, le bateau à voiles devient plus utile et lucratif que les caravanes de chameaux… d’autant plus pour faire du commerce avec l’Amérique récemment découverte.

Un peu plus de 600 ans plus tard, la ville moyenne de Tadmor abrite une population d’environ 90.000 personnes établies à 500 mètres des ruines de l’antique Palmyre. Le lieu est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO -qui n’est pas une organisation membre du Conseil de Sécurité de l’ONU… et c’est bien dommage.

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Depuis la première guerre du Golfe, les initiatives catastrophiques des gouvernements occidentaux ont provoqué la déstabilisation de la région et ont permis à des dizaines de groupes fanatiques -en particulier wahhabites- de se regrouper en Irak et pour l’un d’entre eux, de s’y renforcer et de se répandre dans les pays alentours, dont la Syrie.
C’est bien l’implication des États occidentaux qui a donné naissance à ces groupes extrémistes. Les États-Unis de George Bush père d’abord, en Irak, puis son fils; jusqu’à la pseudo intervention humanitaire en Libye demandée par la France de Nicolas Sarkozy. Après quoi l’Iran, l’Arabie Saoudite et la Turquie ont eu beau jeu d’instrumentaliser (et de financer) ces groupes au profit de leur propre politique extérieure, sous couvert du véto russe contre une intervention de l’ONU en Syrie.

Dans ce noeud de serpents ont pu croître l’inculture, le fanatisme religieux et le fascisme politique qui ne sont pas particulièrement recommandés pour établir une organisation modeste, modérée et non belliqueuse… ce qui nous donne l’autoproclamé État Islamique (« EI »), une organisation active dans 12 pays financée par la contrebande, le vol et l’extorsion. weaponized-dronesLes campagnes d’EI sont si brutales que même Al-Qaeda, qui a commis le pire acte de terrorisme jusqu’à présent, publie des dépêches pour leur demander de se calmer. Mais malgré les atrocités qu’ils commet, l’État Islamique reste un régime fasciste de faible ampleur. Ses succès militaires incontestables se déroulent dans des pays exsangues et contre des armées affaiblies. Jamais encore l’État Islamique n’a rencontré au sol un adversaire de premier plan comme une coalition occidentale par exemple…

Loin de moi ici l’idée de militer pour une intervention armée terrestre contre ces tarés. C’est le premier avantage que procure l’usage de la terreur : la réputation de sauvagerie fait réfléchir à deux fois des adversaires qui auraient les moyens militaires de faire du dégât.
Les gouvernements concernés ne souhaitent pas exposer leurs troupes à un ennemi qui fait des clips YouTube avec la décapitation de ses prisonniers. Du reste les frappes aériennes engagées depuis quelques mois par avion ou drone coûtent déjà cher à EI. On estime que la moitié des pertes totales de combattants de l’État Islamique sont dues aux missiles occidentaux …même si on ne m’enlèvera pas l’idée qu’on aurait pu penser à la stratégie de Sun Tzu : attaquer le problème avant qu’il soit un problème, lorsque la graine n’a pas encore germé.
…et là, une mauvaise graine, il y en avait une grosse. Nous, nos gouvernements, aurait du agir en effet, mais il est désormais trop tard.

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En prenant le contrôle de la région de Tadmor le 20 mai 2015, l’État Islamique gagne le gros lot face à des opposants syriens lessivés depuis quatre ans par leur propre guerre civile.palmyra-fight
Le lieu en effet est toujours bien irrigué comme depuis 3000 ans, il est toujours un carrefour longue distance en continuité avec la zone d’influence de EI entre Irak et Syrie, il abrite des gisements de gaz et une garnison de l’armée régulière Syrienne qui abrite une très importante quantité d’armes et de munitions. Il y a aussi la cité antique de Palmyre dont la prise de contrôle attire davantage les médias internationaux que les conditions de vie imposées aux civils. Rien de tel qu’une caméra de la BBC ou de CNN pour se faire connaître dans le monde entier.
A partir de fin mai 2015, comme partout ailleurs où il sont installés, les membres de l’EI déchaînent leur inculture et leur violence sur la population locale. A leur arrivée, 250 civils sont exécutés. Pour maintenir l’ordre public on applique les quatre punitions classiques : intimider, torturer, amputer, décapiter. Parfois les quatre successivement et toujours en public.
C’est tout à fait la définition d’un terrorisme d’État, au sens où le terrorisme est une pratique qui vise à atteindre des objectifs politiques en imposant la terreur à ceux qui pourraient s’y opposer.
Face à la sauvagerie du nouveau groupe dominant, la population dans son ensemble n’a pas d’autre choix que de se soumettre : c’est un autre avantage que procure l’usage de la terreur. Et en utilisant cette même sauvagerie, EI peut aussi dominer les alliances avec les autres groupes.
C’est d’ailleurs la stratégie politique officielle de l’État Islamique, telle qu’elle apparaît dans un fascicule publié dès 2004 : Administrer la sauvagerie
(voir cette excellente analyse de Frantz Glasman : https://www.academia.edu/10032604/Vie_locale_et_concurrence_de_projets_politiques_dans_les_territoires_sous_contr%C3%B4le_de_lopposition_des_djihadistes_et_des_Kurdes_en_Syrie)

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Mais fort heureusement, l’arrivée des combattants de l’État Islamique à Palmyre ne s’est pas faite dans un total effet de surprise. Il était illusoire d’espérer protéger quoi que soit durant les combats. Les balles n’évitent pas les œuvres d’art. Le sauvetage devait être fait avant ou pas du tout.
Les semaines qui ont précédé ont donc permis d’évacuer certains trésors de notre histoire (je parle de notre histoire à tous, les humains) et d’autres ont pu être cachés aux environs du site archéologique lui-même.
isil-smash_3233165bS’il est assez facile de déplacer une statuette ou un fragment de mosaïque, c’est beaucoup plus compliqué pour un cimetière ou un temple tout entier… le mieux à faire dans ces cas-là est soit de mettre les trésors hors de vue et/ou de les photographier à haute définition avec un scanner 3D (procédé technique assez identique à la reproduction parfaite de la grotte Chauvet en France), dans l’hypothèse où on doive les reconstruire après leur saccage -une leçon apprise après la destruction en 2001 des bouddhas de Bamyian par la même filière fanatique, en Afghanistan.
Car après les villes de Mosul, Raqqa, Nimrod et même Toubouctou, on sait ce que les fascistes religieux font aux lieux d’histoire : ils les effacent. Et ceux qui tentent de protester sont effacés avec.
C’est pourquoi le personnel de l’UNESCO et les civils qui le pouvaient se sont repliés aussi loin que possible de Palmyre.
Mais Khaleed al-Asaad a refusé de partir.
C’était chez lui, il connaissait l’endroit littéralement par cœur et toute une vie de travail était là, debout, sous la forme d’une ancienne ville de 2300 ans. Il est donc resté lui aussi debout dans le désert.
Il avait 81 ans et il est mort décapité. A l’heure où j’écris ces lignes, son corps est suspendu dans un parc de Tadmor.

On suppose qu’il a tenté la négociation pour protéger les lieux. Mais ce n’est pas simple de négocier avec des crétins et sa manœuvre n’a pas réussi.
Fait prisonnier, il a refusé de dire où étaient cachés les trésors alentours de peur de les voir détruits ou vendus. Il n’y a pas de preuve mais l’hypothèse qu’il a subi la torture est crédible. Il n’a rien dit. Il avait 81 ans.
Un tel dévouement pour protéger l’héritage de la civilisation humaine est un service rendu à chacun d’entre nous : voici ce qui mérite d’être défendu. Le courage de Khaleed al-Asaad transcende toutes les oppositions et tous les désaccords. Pendant que l’hypersensibilité névrotique de l’État Islamique s’exprime le mieux  à coups de masse sur des objets sculptés à la main, voilà un homme qui s’est jeté tout seul dans la gueule des loups pour protéger un trésor collectif.
Il n’était pas escorté par un ou deux régiments d’infanterie. Il n’avait pas d’obus dans son char et il n’avait pas d’hélicoptère d’assaut. Il était assez vieux pour savoir ce qui allait lui arriver, mais il n’a pas cédé.
Et ce n’est pas parce qu’il est mort qu’il a été vaincu, loin de là.
Des écoles et des boulevards devraient porter son nom. Son histoire devrait être racontée aux gens qui se plaignent que l’archéologie et les musées c’est un truc de vieux cons.

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unesco-parisLa contrebande d’œuvres d’art est, entres autres, une source de financement pour l’organisation criminelle de l’État Islamique. C’est un business lucratif, en tout cas à l’exportation, car pour ce qui est de leur achat ultérieur, c’est une autre affaire… Le monde de l’art est une institution patiente et  des organisations comme The Antiquities Coalition savent déployer les réseaux et les influences pour repérer une statuette de Palmyre (ou Mosul, ou Raqqa…) qui resurgira dans une ou deux décennies n’importe où dans le monde. Rien ne dit d’ailleurs que les artefacts récupérés et revendus (ou détruits) par EI soient les vrais… une partie du travail de l’UNESCO consiste à remplacer les vrais trésors par des copies, afin qu’ils soient facilement identifiables sur le marché international ou afin que les incultes croient avoir détruit les originaux. A ce titre, la destruction des pièces de musée par EI ressemble davantage à une action de communication qui cache ce qu’ils font vraiment avec tout ce qu’ils ne détruisent pas : ils le volent.
C’est un crime de guerre en soi : piller des sites de mémoire collective et c’est aussi le signe d’une bêtise sans nom, puisqu’on est tellement abruti de certitudes qu’on est incapable de comprendre que cette collectivité est aussi la nôtre. Pire : on refuse qu’elle soit nôtre. C’est ce qui les a poussés à faire exploser le temple de Baalshamin fin août 2015 (photo ci-dessous).
C’est un acte de nettoyage ethnique au sens le plus concret du terme : on s’attaque à une culture -même pas à des personnes.  Ce ne sera pas le dernier et c’est un trait saillant de tous les fascismes : ils aimeraient être seuls au monde.

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Mais l’Histoire nous apprend qu’ils n’y parviendront pas quelque soit leur capacité de nuisance par ailleurs. Lorsque l’heure de (re)penser à long terme sera venue, on pourra construire des écoles au nom de Khaleed al-Asaad.

 

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Under fire 26 mai 2015


L’assaut du pont de Verbanja : dimanche 27 mai 1995.

Dans la nuit du samedi au dimanche, des combattants serbes (République Serbe de Bosnie) vêtus d’uniformes français volés prennent possession du poste d’observation Sierra Victor géré par l’armée française, sous mandat de l’ONU. Pas un coup de feu n’est tiré et 11 soldats sont faits prisonniers.
Outre l’évidente humiliation militaire pour les Français, la perte de contrôle du pont de Verbanja (Vrbanja) donne aux Serbes la possibilité d’élargir leur contrôle de la ville de Sarajevo. Au petit matin, décision est prise de recourir à la force pour reprendre le contrôle de cet avant-poste…

Le compte rendu de l’assaut est rédigé par le lieutenant Héluin, du 3e régiment d’Infanterie de Marine (3e RIMa) à l’époque.
Bruno Héluin est aujourd’hui chef d’état-major de la 9e Brigade d’Infanterie de Marine (BIMa), à Poitiers.
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Ce document est traduit ici pour la première fois en anglais, à l’occasion des 20 ans de cette bataille.

La version française originale fut publiée pages 7 – 9 dans ce numéro des Cahiers de la Réflexion Doctrinale (Ministère de la Défense).
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20 years after the events, you will find below the firsthand report of the assault led by french troops against the VRS forces (Serbs) in 1995. It was written by the now-commander of the French army 9th Marine infantry Brigade.

Many of you maybe weren’t even born at that time, during the Yugoslavian civil war of 1991 – 2001… many others will have never heard of this battle. But in no case are we allowed to forget.

Until now, it had never been published in english.
(click here to open in .pdf) Under Fire.

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Under fire

« May, 27th 1995, 08:45 am.

I am lieutenant Héluin, leading the first squad of the 3rd RIMa forbans (1) and i’m walking across the streets bordering the jew cemetary towards the bridge of Verbanja.
About an hour ago, i have been assigned a very simple mission : retake the french outpost along the bridge, that the Tchetniks (2) overtook during the night.

My plan is to attack simultaneously the three small bunkers with a group of three pairs of soldiers (3) for each of these targets. Each pair has a precise arriving point.
I left my adjunct behind with the armoured VAB (4), the snipers with a Mac Millan shotgun and the antitank shooters. His task is to provide support fire from the heights. When i gave him that order, he looked at me, desperate : « Lieutenant, you can’t do that ! ».
Captain Lecointre is with us to manage the squads’ environment, especially the support fire of the RICM (5).

Guided by a bosnian soldier we arrive inVrbanja_bridge_span_view sight of the outpost.
I regroup the squad and realize we’ve left in the VAB the two doors we were supposed to use to pass over the barb-wires, poor kit by lack of an appropriate material.
Nevermind. I look at my marsouins(6). They’re calm and silent. Just like them, i feel strangely serene. It’s true that since i woke up, three hours ago, i’ve not had a minute to think about the danger.
I have an absolute trust in my chief and in my men.

On my call, we run downhill bayonet at gunpoint in the trench about fifty meters from the first target, supported by a bosnian cover fire. We’re wearing complete ballistic protections, those designed specificaly for idle guards. Some of my men are in full dress uniform. They didn’t knew, a few hours ago, that today’s high point wouldn’t be the expected military parade but an assault.
First, i throw in Le Couric and his group towards the farthest target, the western guard post. I see them running, then stopping in front of the barb-wires surrounding the post. They’re unable to pass over and the bullets begin to fly from the Prisunic building overhanging them. A 90mm shell strikes it followed by 7,62 and 20mm bursts coming from our RICM squads. We’re now into a bubble of explosions, fireshots, bangings, whistlings and impacts.
Powerless in front of the barb-wires, a marsouin is dazed looking at his perforated thigh. Another has two fingers cut off. A bullet is stopped by his neck protection. They’ll stay on site, without any morphine because it’s been forbidden in the emergency medical kits by fear of addiction.
Two other guys are literally emptied of their energy because of the violence surrounding them, they’re like ragdolls. The group is out of action.
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My plan has been put to the test and it has lasted two minutes thirty seconds. I have to react immediately. Instead of catching the three targets simultaneously, we’ll clean them up one after the other beginning with the eastern guard post. We’re all going to pass the barb-wires in front of us, 90 degrees from those that stopped the first group but beyond a no man’s land of fifty meters in the Serbs’ line of fire.
I rush towards the Miljaca river followed by the second group, while the other marsouins return fire against the ennemy snipers in the nearest building.
On my left side, Dannat, the paramedic, falls down with a perforated lung. He raises up and walks to the rear, crossing the looks of the others walking to the frontline, hypnotized by the blood flowing on his arm.
On my right, Djaouti falls down. I am now facing the barb-wires and despite the twelve kilos of my bulletproof vest, my weaponry and my useless PP39 radio, i manage to pass over the wires followed by my men. We find ourselves in the middle of antitank hedgehogs and turn left towards the target.
Bullet rounds begin to fall on us like in Gravelotte (7).
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My brain is like the focal of a huge camera. At the moment, i am in panoramic mode. I turn around and see my minimi shooters firing on all doors and windows of the Prisunic building. One of them, Coat, runs to a wounded guy and takes his ammo. The guy carries a FAMAS gun (8), which ammo doesn’t fit into the minimi : he has to unload each round and reload each again in his own magazine. Suddenly his head has a strange movement and he falls on his side.

I continue my way toward the earth barricade that protects the target’s entryway. I feel the need to open fire but my gun refuses to work. I think i should stop to check it, but i have no time.
At no moment do i think i may have forgotten to arm the weapon.
To my side, Dupuch stops : « i’m wounded ». He checks himself for a second « No, it’s all good ! » and resumes his run. Indeed, he’s really been shot at, but the bullet has pierced his gourd and got stuck in his flashlight. We stockpile ourselves on the barricade in front of the entryway.

A few seconds ago i was working in panoramic mode, now nothing exists except the barb-wires through which i throw the grenade that Dupuch gave me.
Explosion.
I run bayonet forward, firmly decided to skewer the first Serb that will cross the corridor. The men are glued at my side, two by two. We’re hardly ten fighters, one-third of the initial number. The squads quickly refitted in one assault element, lead by me with buddies progressively added during the action and a second element designed to protect our backs and « clean up ».
One move and Dupuch runs into the eastern guard post, while Llorente throws a grenade in the toilets’ corridor. Humblot and Jego follow up, i send them on the roof to support us from above.
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We resume toward the second target : a container we used to live in before the Serbs took possession of the area. Delcourt comes forward in the corridor when a burst forces him to back off. I get a grenade from captain Lecointre and throws it beyond the curtain that separates the container in two.
When i surge into what had been our dining room, i see a wall of fire raising and sliding above me on the ceiling. I shout : « the gas cylinder ! »
Dupuch and Delcourt back off hastily. Half a second later i hear a terrible blast and i see very clearly a small object rushing at me in a background of flames.
I feel like i’m in a slow motion movie. My left eye is violently hurt and i’m pulled backwards while a spit of blood is thrown the other way. The men look at me and hesitate.
I mumble what i think are clear orders to have them moving forward. I have some more time left to tell the captain i don’t feel very good, then i collapse on the floor.
I get conscious again a moment later, awakened by the impacts of bullets in the earth bags i’m sitting on. I’m covered by blood. I raise up, leave the building towards the Miljaca river. An explosion sends me back inside. I am like a little mouse in a labyrinth, banging on the walls.
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My brain is working intermittently. I see a marsouin aiming at the last building kept by the Serbs.
« What you doing there ? »
« This is where i was supposed to be, at the end. »
In the complete chaos of battle, this man held to the orders i gave him before the assault.

Then i understand the captain is leading the fight since i collapsed. He is determined to eliminate the Serbs in the remaining room and save the French hostages. With the bunch of guys remaining, he shoots down two Tchetniks.
One of them smiles and says « French, good fighters ! » but the others manage to escape with the last prisoner. On the radio, i call Cheick and orders to send a sniper and an antitank shooter. I want to put them in front of the building.
I walk in the devastated outpost. In the living area, there are three Serb prisoners and a corpse, also Serb, lying in the middle.
Lance-corporal Jego comes at me. I notice his gourd and one of his magazine are perforated. He took a burst in the belly and the bullets were stopped by his kit. His voice is broken : « Humblot is still on the roof. He’s wounded and don’t answer my calls. »
I put myself in support fire, facing the building that overlooks us, while Mandart and captain Labuze go and get Humblot to safety. They’re lying him near the ladder right when the doctor arrives. He checks the pulse and looks at me. « Sorry. Finished for him. »
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The fight is over. I hear that Amaru has been shot by a sniper while he was firing at the buildings from the unprotected turret of his VAB. Seventeen other marsouins are wounded, three of them critically. We killed four Serbs in the outpost and four more are our prisoners. I don’t know the ennemy casualties in the surrounding buildings.
Erring in the corridors, waiting to be relieved, i come across a lance-corporal who tells me to go see a doctor. I walk towards the medical VAB, riddled with impacts, that stopped right before the entryway and i become outraged : « It’s not a lance-copropral who’s gonna give me orders ! » and walk back where i came from. The guy sees me and insists « Lieutenant, you must see a doc ! »
I answer « Oh, okay » and leave again.

Outside, the ground is covered by pieces of kit ripped from the wounded to give them emergency care.
There are many magazines, most of them half-full.
Many guys used the moments of calm to throw away their magazines and replenish with new, full ones. We have used 4.000 rounds in less than ten minutes on the surface of one hectare (about 2,47 acres).

By 10:30am, the platoon of lieutenant Provendier comes to take over the guard from us.
A few minutes earlier, they didn’t even knew an assault had been led. Guys are mute and open great eyes when they see me. I think : « none of them salutes. What’s that mess ! »
I bring Provendier inside to brief him. I get a table, a pen and begin to draw. I don’t even notice the Serb corpse at my feet. My blood is dripping on the paper and it’s when i wipe it with my sleeve that i understand the situation might not be so normal.

My orders given i get with the survivors in a VAB heading to our base, in the Skanderja ice-rink (9). We’re haggards.
Once in Skanderja, we get medical attention then at around 01:00pm i leave with the wounded guys to the military hospital. As soon i lay in my bed, i collapse, exhausted. »
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— NOTES :
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(1) : 3rd Marine Infantry Regiment (french army). Forbans is the nickname of its soldiers, meaning Pirates. About 30 of them were involved in the direct assault.
(2) : irregular soldier, either Serb, Bosnian or else.
(3) : a pair of soldiers is called binôme : the association of two fighters complementary to one another. During this assault, one knew the inside settings of the target, not the other one.
(4) : the VAB is an amphibious four-wheeled armoured personnel carrier seating 10 + 2, mounted with an open turret and 7,62 machine gun in its combat version. Also exists as a medical vanguard vehicle, without mounted armament.
(5) : Marine Armoured Cavalry Regiment. About 70 of them were involved in the support fire.
(6) : Marsouin is the usual nickname for soldiers serving in the french marine infantry. Meaning Porpoise.
(7) : The small village of Gravelotte, well known for a famously violent battle between France and Germany on 18 august 1870.
(8) : the service assault rifle of all french soldiers.
(9) : at the time of the Yougoslavian war, the french army headquarters were located in the compound of Sarajevo ice rink.
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[EN :] Check the video below for an account of the events by those who lead the action.
[FR :] Vous trouverez d’autres détails de l’histoire sur ce lien Youtube :

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Perséverer 26 novembre 2014


P.E.R.S.E.V.E.R.E.R !

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Cliquez l’image pour voir d’autres inspirations visuelles… sur : yannickprimel.tumblr.com

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Citation (19) : une bonne solution 1 juillet 2014


George-S-Patton

 

« Une bonne solution appliquée vigoureusement tout de suite est meilleure que la solution parfaite appliquée dans dix minutes. »

Général de Corps d’Armée George Patton, cité dans Charles Province : The unknown Patton   1983.

 

 

 

Lectures du soir 10 juin 2014


Ambassadeur en Andorre depuis mai 2012, Zaïr Kédadouche était auparavant consul général à Liège de 2008 à 2011. C’est un habitué de l’Administration et un personnage bien aguerri au fonctionnement du « service public » français. S’il fallait d’ailleurs retenir un seul exemple de succès au mérite, ça pourrait être lui.
C’était vrai jusqu’à ce qu’il commence à fricoter avec le Ministère des Affaires Etrangères   -qui apparaît ici comme une caste puissante au sein du pouvoir national, caractérisée par son endogamie sociale et sa capacité à exclure subtilement les candidats dont la légitimité n’est pas héréditaire.

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Cette lettre au Président de la République datée du 5 mars 2014 n’en prend que plus de valeur, car il ne s’agit pas d’un petit jeune inexpérimenté qui vient pleurnicher chez le patron…

En termes de Ressources Humaines, cet épisode pose la question de savoir jusqu’où  les procédures sont faites pour attirer et retenir les candidat(e)s compétent(e)s… et à partir de quel seuil le groupe préfère retenir seulement les membres culturellement conformes, pour se perpétuer lui-même.
C’est un bon angle d’attaque pour évaluer une culture d’entreprise : par rapport aux valeurs affichées publiquement (le discours institutionnel, qui ne peut être qu’une auto-congratulation), quelles valeurs sont réellement défendues par le management et la ligne hiérarchique dans son ensemble ?
Voir Pierre Bourdieu : La distinction. Éditions de Minuit, 1979.
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(cliquez sur l’image ci-dessous ou sur ce lien pour afficher le texte complet en .pdf) Lettre de démission de l’Ambassadeur de France en Andorre

 

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