The blog of blog of blogs

Les aventures d'un ethnologue dans le grand monde

The sunscreen song 21 novembre 2020


Everybody’s free (to wear sunscreen).

Produced by Josh G. Abrahams, Nellee Hooper & Baz Luhrmann.

The Sunscreen Song – 10 Year Tribute (Everybody_s Free)

« Ladies and Gentlemen of the class of ’97 :

Wear sunscreen. If I could offer you only one tip for the future, sunscreen would be it. The long term benefits of sunscreen have been proved by scientists whereas the rest of my advice has no basis more reliable than my own meandering experience. I will dispense this advice now

Enjoy the power and beauty of your youth; or never mind. You will not understand the power and beauty of your youth until they have faded. But trust me, in 20 years you’ll look back at photos of yourself and recall in a way you can’t grasp now how much possibility lay before you and how fabulous you really looked. You are not as fat as you imagine

Don’t worry about the future; or worry, but know that worrying is as effective as trying to solve an algebra equation by chewing
Bubblegum. The real troubles in your life are apt to be things that
Never crossed your worried mind; the kind that blindside you at 4 PM on some idle Tuesday

Do one thing every day that scares you

Sing

Don’t be reckless with other people’s hearts; don’t put up with people who are reckless with yours

Floss

Don’t waste your time on jealousy; sometimes you’re ahead, sometimes you’re behind. The race is long, and in the end, it’s only with yourself

Remember the compliments you receive; forget the insults. If you succeed in doing this, tell me how

Keep your old love letters. Throw away your old bank statements

Stretch

Don’t feel guilty if you don’t know what you want to do with your
Life. The most interesting people I know didn’t know at 22 what they wanted to do with their lives. Some of the most interesting 40-year-olds I know still don’t

Get plenty of calcium

Be kind to your knees, you’ll miss them when they’re gone

Maybe you’ll marry, maybe you won’t
Maybe you’ll have children, maybe you won’t
Maybe you’ll divorce at 40
Maybe you’ll dance the funky chicken on your 75th wedding anniversary
Whatever you do, don’t congratulate yourself too much, or berate yourself either. Your choices are half chance; so are everybody else’s

Enjoy your body. Use it every way you can. Don’t be afraid of it, or what other people think of it. It’s the greatest instrument you’ll ever own

Dance, even if you have nowhere to do it but in your own living room

Read the directions, even if you don’t follow them

Do not read beauty magazines; they will only make you feel ugly

[Hook]
Brother and sister
Together, we’ll make it through
Someday our spirits
Will take you and guide you there
I know you’ve been hurting
But I’ve been waiting to be there for you
And I’ll be there just helping you out
Whenever I can

Get to know your parents; you never know when they’ll be gone for good

Be nice to your siblings; they are your best link to your past and the
People most likely to stick with you in the future

Understand that friends come and go, but for the precious few you
Should hold on

Work hard to bridge the gaps in geography and lifestyle, because the older you get, the more you need the people you knew when you were young

Live in New York City once, but leave before it makes you hard

Live in Northern California once, but leave before it makes you soft

Travel

Accept certain inalienable truths: prices will rise, politicians will philander, you too will get old– and when you do, you’ll fantasize that when you were young prices were reasonable, politicians were noble and children respected their elders

Respect your elders

Don’t expect anyone else to support you

Maybe you have a trust fund, maybe you have a wealthy spouse; but you never know when either one might run out

Don’t mess too much with your hair, or by the time you’re 40, it will look 85

Be careful whose advice you buy, but be patient with those who supply it
Advice is a form of nostalgia. Dispensing it is a way of fishing the past from the disposal, wiping it off, painting over the ugly parts and recycling it for more than it’s worth

But trust me on the sunscreen

[Hook]
Brother and sister
Together, we’ll make it through
Someday our spirits
Will take you and guide you there
I know you’ve been hurting
But I’ve been waiting to be there for you
And I’ll be there just helping you out
Whenever I can

Everybody’s free
Everybody’s free
Oh, yeah
Don’t you fear »

 

Travailler sur les insights ethnologiques en temps de pandémie 18 mars 2020


[English version – version anglaise : https://www.linkedin.com/pulse/working-ethnographic-insights-times-pandemic-yannick-primel ]  

De nombreux spécialistes en sciences humaines peuvent contribuer utilement, face à la pandémie de covid-19.

Si vous n’avez pas déjà des compétences immédiatement utilisables pour être embarqué(e) dans la gestion officielle de la crise, vous pouvez fournir la sensibilité culturelle pour aider à mieux adapter les politiques publiques aux contextes sociaux.

Il est aussi possible d’informer les décideurs à tous les niveaux en contribuant au débat sur la perception et l’état d’esprit local des populations; ou montrer les limites et les conséquences indésirables de mesures de santé publique qui seraient appliquées sans se préoccuper de leur acceptabilité sociale; voire parler haut et fort contre l’abus des stéréotypes culturels comme une soi-disant explication aux comportements, tout spécialement pour éviter l’ostracisation.

.

Les sciences sociales en général et l’ethnologie en particulier peuvent apporter un ensemble d’expertises uniques afin d’informer les décideurs et renforcer le débat public :

– S’assurer que les interventions de santé publique sont localement pertinentes, du point de vue des populations locales : comment développer l’observance et la confiance envers les mesures officielles ? Cela implique de ne pas demeurer au niveau national mais à descendre vers la granularité du quartier dans une ville ou de l’aile d’un bâtiment dans un hôpital.

– Améliorer ou soulager la sur-réaction médiatique; la peur du geste médical; la peur d’une implication de la police ou de l’Armée; la peur des revers économiques; les conflits entre la représentation mentale médicale ou populaire de la maladie.

– Appliquer une analyse rigoureuse et un esprit critique sur les politiques publiques dans le but de les améliorer, comme retour d’expérience.

Focus sur l’après-crise :

– Conséquences collectives sur les représentations, en lien avec les solidarités ‘horizontales’, la notion de santé familiale, les pratiques d’hygiène quotidienne, les croyances.

– Combattre l’ostracisation et les effets contre-productifs des politiques de ‘reconstruction’ et redressement économique.

-Améliorer la guérison sociale et l’adaptation des politiques publiques vis-à-vis des survivants, des patients encore traités ou des populations autrement affectées (personnes n’ayant pas été malades, familles, voisinages, personnes sans emploi suite à la pandémie).

-Fournir des descriptions épaisses décrivant la manière dont les représentations ont été modifiées (ou pas) suite à la crise. Quel genre de modifications ? Pour quelles conséquences envisageables ?

.

…et maintenant remontez vos manches. Et lavez-vous les mains.

#épidémie #pandémie #coronavirus #covid-19 #crise #santé #ethnologie #gestiondecrise #politiquepublique

.

.

 

Un plan vert brillant 21 février 2019


Ce document est la traduction de la proposition de loi Green New Deal émise au Congrès américain par la députée Alexandria Ocasio-Cortez
L’original est disponible ici   (GreenNewDeal_FAQ.pdf)

Le Green New Deal (Nouveau Contrat Écologique) n’est pas une idée particulièrement neuve. Sa première mention remonte à 2007 sous la plume de l’économiste Thomas Friedman dans le New York Times.
Depuis, nombreux ont été ses soutiens, entres autres Ban Ki-Moon ou Paul Krugman qui ne sont pas des plaisantins idéologiques.
Plus d’information en anglais  ici
On notera avec intérêt (et affliction) qu’une page Wikipédia en français sur ce sujet n’existe même pas.

Certains aménagements ont été faits pour permettre de transposer le texte original au contexte français et européen. Du point de vue de notre vieux continent, ce programme aussi vaste qu’il soit, paraît moins radical et révolutionnaire que du point de vue américain. Notre histoire et notre système social ont déjà posé les bases qui permettent d’envisager une mise en œuvre crédible.

.

Le PDF de ce texte est ici : Green New Deal_FR_2019

Le lecteur assidu à ce blog reconnaîtra un thème déjà abordé en 2011 dans cet article sur le Vert Brillant. La proximité des deux articles est frappante et montre une tendance de fond.

.

– – –
Lancement le jeudi 7 février 2019 à 8h30.

Panorama

Nous commencerons le travail dès maintenant pour préparer le projet de loi du Green New Deal. Il s’agit d’abord de valider l’architecture de base du projet (afin que personne d’autre ne se l’approprie).
Il s’agit d’une transformation massive de notre société avec des objectifs et une chronologie clairs.

Le projet de loi du Nouveau Contrat Écologique est un plan sur 10 ans qui mobilise tous les aspects de la société française à un niveau jamais atteint depuis la seconde guerre mondiale. Il s’agit d’atteindre un niveau zéro d’émissions de gaz à effet de serre et de créer les conditions d’une prospérité économique pour tous. Le Nouveau Contrat permettra de :

• Faire fonctionner la France avec 100% d’énergie propre et renouvelable, incluant le développement de l’autonomie énergétique des bâtiments
• Créer des centaines de milliers d’emploi stables en France et des millions à l’échelle européenne, rémunérés par des salaires dignes
• Permettre une juste transition pour les travailleurs afin d’assurer la sécurité économique des populations qui ont jusqu’à présent dépendu largement des industries fossiles
• S’inspirer de la Seconde Déclaration des Droits de Franklin Delano Roosvelt en 1944, pour garantir :

– Un emploi stable et un salaire digne, une assurance maladie individuelle et familiale, des congés et des droits à une retraite digne.
– Une éducation de grande qualité, universelle et gratuite y compris dans son aspect de formation tout au long de la vie.
– Un air propre, une eau potable et l’accès à la nature
– Une nourriture saine et non contaminée
– Des soins de santé de premier plan
– Un logement sûr, accessible financièrement et résilient face aux futurs aléas météorologiques que l’on peut déjà anticiper
– Un environnement économique libre de monopoles
– Un environnement politique libre de l’influence des intérêts privés capitalistiques.
– Une sécurité économique pour toutes celles et ceux dans l’incapacité ou l’absence de volonté de travailler contre rémunération

Il n’y a pas de temps à perdre
Les plus récentes études du GIEC affirment que les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites de 40 à 60% d’ici 2030.
Nous devons atteindre le 0 en 2030 et nous montrerons ainsi au monde qu’un Nouveau Contrat Écologique est possible, d’une part, et bénéfique socialement d’autre part.

Impossible n’est pas français… et in varietate concordia
Lorsque le président américain John Ford Kennedy affirma en 1962 que l’être humain irait sur la Lune en 10 ans, nombreux furent ceux qui ont pensé que c’était impossible. Aujourd’hui nous avons des robots sur Mars.
Lorsque Franklin Delano Roosvelt demanda la construction de 185.000 avions pour combattre durant la deuxième guerre mondiale, chaque directeur d’entreprise et chaque général se mit à rire. A cette époque, les Etats-Unis produisaient 3.000 avions par an. A la fin de la guerre, ils en avaient produit 300.000.
C’est ce dont nous sommes capables lorsque nous sommes bien dirigés.
L’Europe a su se reconstruire après la deuxième guerre mondiale, pour devenir aujourd’hui une puissante force de stabilité dans le monde.
L’Allemagne de l’Ouest a su intégrer l’ancienne RDA en une année après la chute du Mur de Berlin.
Le produit intérieur brut français est neuf fois plus élevé qu’en 1890.
En termes de niveau d’éducation, de niveau de revenu et de longévité nous sommes parmi les premiers au monde.

Il s’agit d’un investissement massif dans notre économie et dans notre société. Ce n’est pas une dépense
Chaque euro d’investissement public permet une création de richesse estimée à 2,5 euros.
Avec le Nouveau Contrat Écologique, l’investissement public pourra se porter sur des domaines précis. Il ne s’agit pas d’une modernisation mais d’une remise à jour, pour préparer notre avenir à tous. Les secteurs des transports, du logement résidentiel et de la production industrielle seront les premiers concernés en France. L’investissement public permettra l’émergence d’une économie que « le marché » aujourd’hui est incapable ou refuse de mettre en mouvement.
Il s’agit aussi d’un investissement massif dans le capital humain, qui prendra en compte la vie quotidienne des citoyens comme point de départ pour en déduire quels projets mettre en œuvre, à commencer par la résolution de problèmes plutôt que l’ajout de nouvelles contraintes.
La France dispose d’instituts de recherche en sciences sociales de niveau mondial, ils seront sollicités.

Le Nouveau Contrat est déjà en mouvement
Face au changement climatique, nous savons que l’inaction coûtera plus cher et sera plus dévastatrice que l’action.
L’immense majorité des Français et des Européens a conscience du risque et de la nécessité d’agir. Face à l’inertie des acteurs privés et des gouvernements, en ce début d’année 2019 même les enfants font la grève de l’école pour demander de l’action concrète.
Les acteurs publics les plus engagés en faveur du climat sont les villes et les régions.
Il est temps que les États prennent leurs responsabilités à commencer par les Assemblées Nationales en étroite coordination les citoyens et avec le Parlement Européen.
Unis dans la diversité.

.

Foire Aux Questions

Pourquoi un élan vers des énergies 100% propres et renouvelables, et pas seulement du 100% renouvelable ? Vous dites qu’on continuera d’utiliser les énergies fossiles ?

Nous appelons à une transition complète pour se libérer des énergies fossiles et ne plus émettre du tout de gaz à effet de serre.
Quiconque a lu le projet de loi a pu voir que cela passera par une mobilisation de chaque secteur de l’économie, chaque entreprise, chaque acteur public et chaque groupe syndical.
Mais bannir immédiatement et abruptement les combustibles fossiles serait une très mauvaise idée puisque nous n’avons rien pour les remplacer à ce jour.
Nous le ferons en créant à partir de presque rien une économie de l’énergie renouvelable aussi vite que possible. C’est la ligne directrice du Nouveau Contrat Écologique.
Ainsi nous fixons un objectif net d’émission à 0 dans 10 ans, car personne ne peut garantir que nous saurons atteindre les zéro émissions dans l’absolu. Ça supposerait de pouvoir éliminer les émissions de gaz à effet de serre provenant du transport aérien ou des pets de l’élevage animal.
Mais nous pensons pouvoir faire grandement monter en puissance l’industrie manufacturière et l’industrie de l’énergie, ainsi que rénover chaque bâtiment en France, construire une smart grid, mettre à jour les transports et l’agro-alimentaire, l’agriculture ainsi que planter des millions d’arbres pour atteindre l’objectif net de zéro émission de gaz à effet de serre.

Le nucléaire en fait partie ?
Le Nouveau Contrat Écologique est un investissement massif dans la production d’énergies propres et renouvelables et n’implique pas de construire de nouvelles centrales nucléaires.
Le nucléaire d’ailleurs n’est ni une énergie renouvelable, ni une énergie propre. Ses déchets sont des polluants radioactifs mortels qui ont une durée de vie qui se mesure en centaines d’années.
Cependant nous n’avons aucune certitude de pouvoir décommissionner toutes les centrales existantes en seulement dix ans.
Mais notre objectif est clair : nous voulons du 100% propre et renouvelable. Le pétrole, le charbon, le gaz et le nucléaire n’en font pas partie.

Est-ce que ça implique une taxe carbone ?
On ne peut pas simplement taxer le carburant ou le gaz et s’attendre à ce que les citoyens trouvent tous seuls un autre moyen d’aller au travail ; sauf quand nous leur proposerons une autre alternative plus saine et aussi pratique au quotidien.
Donc nous n’excluons pas la taxe carbone, mais elle fournirait seulement une petite partie des financements nécessaires. Le projet gigantesque qui consiste à remettre à jour l’économie suppose qu’on ait d’abord des alternatives à proposer, techniquement et socialement, pour s’assurer que ce soit indolore pour les citoyens, les familles et les communautés.

Est-ce que ça implique du cap and trade (bourse d’échange de « droits à polluer ») ?
Le Nouveau Contrat Écologique créera une nouvelle économie de l’énergie par des investissements massifs dans la société et la technologie. Les bourses d’échanges de droits à polluer supposent que le marché tel qu’il existe résoudra les problèmes de lui-même. Ce n’est pas vrai.
Le cap and trade pourrait être à la marge un moyen d’associer les acteurs au Nouveau Contrat, mais il faut reconnaître que la législation actuelle des bourses d’échanges est une forme de subvention qui permet l’existence de zones éparses de pollution intense qui exposent sévèrement les populations locales. On doit d’abord s’assurer que les populations locales, leur santé et leur bien-être, sont la première priorité de tout le monde.

Est-ce que ça implique l’interdiction de toute nouvelle construction liée aux énergies fossiles ou de centrale nucléaire ?
L’une des conséquences du Nouveau Contrat Écologique sera de rendre inutiles les nouvelles constructions liées aux énergies de l’ancien monde, fossile ou nucléaire. Nous voulons ne plus en avoir besoin.
Nos investissements seront donc orientés massivement dans les énergies du nouveau monde, pas dans les autres. Vouloir faire les deux serait une tromperie et une hypocrisie qui maintiendrait le statu quo.

Êtes-vous favorables au stockage du CO2 ?
(CCUS : Carbon Capture, Utilization, and Storage)
La bonne manière de capturer le CO2 est de planter des arbres et restaurer les écosystèmes naturels.
A ce jour les technologies de capture des gaz à effet de serre dans l’atmosphère n’ont pas prouvé leur efficacité.

Comment allons-nous payer pour tout ça ?
De la même manière que les États-Unis ont payé leur New Deal dans les années 1930 ou comme les banques centrales ont résolu la crise bancaire en 2008 avec le quantitative easing (rachat de dettes).
De la même manière que nous avons payé la deuxième guerre mondiale et toutes nos guerres actuelles.
La Banque Centrale Européenne peut étendre ses lignes de crédit pour propulser le Nouveau Contrat Écologique vers les sommets. Il y aussi de la place pour des participations publiques, en vue de futurs dividendes ou retours sur investissement.
Au bout du compte, cet investissement dans l’économie nouvelle fera croître la richesse de la nation. La question n’est pas de savoir comment nous payerons, mais que ferons-nous de notre nouvelle prospérité.

Pourquoi doit-il y avoir un si vaste programme public ? Pourquoi ne pas se contenter de l’incitation par les taxes et des réglementations qui orienteraient les investissements du secteur privé ?
– Le niveau d’investissement doit être massif. Même si les milliardaires et les entreprises se donnaient la main pour déverser leur richesse dans la transition écologique, on ne parviendrait qu’à une modeste fraction de ce qui est nécessaire.
– La vitesse d’investissement devra être massive elle aussi. Même si les milliardaires et les entreprises se donnaient la main pour déverser leur richesse dans la transition écologique ils n’auraient pas la capacité de coordination suffisante pour un agenda si serré.
– Les investisseurs privés sont également hésitants à investir dans des domaines où personne n’a encore gagné d’argent. Les gouvernements par contre peuvent agir dans un temps long et peuvent patiemment investir dans les nouvelles technologies et la recherche, sans avoir en tête une application commerciale précise au moment où se fait la dépense d’argent.
Un exemple majeur d’investissement public à succès s’appelle l’internet.
– Pour résumer, nous ne devons pas seulement cesser de faire comme nous avons toujours fait (comme brûler du carburant pour nos besoins en énergie), nous avons aussi besoin de faire du neuf (comme remanier des secteurs d’activité entiers ou rénover tous nos bâtiments). Commencer à faire de nouvelles choses nécessite des investissements immédiats. Un pays qui essaye de changer le fonctionnement de son économie a besoin de gros investissements immédiats, pour lancer et développer ses premiers projets.
– Fournir des incitations au secteur privé ne fonctionne pas. Les subventions en faveur du solaire ou de l’éolien ont certes produit des résultats positifs, mais bien insuffisants par rapport à un objectif de neutralité carbone comme le promeut le Nouveau Contrat Écologique.
– Il y a bien une place pour le secteur privé mais l’investisseur principal ne peut être que la puissance publique. Il est normal que lui revienne aussi le rôle de coordinateur et pilote de l’ensemble du projet.

.

Résumé du projet de loi

Créé en consultation avec de multiples groupes de la société civile, syndicats et défenseurs de l’environnement.

5 objectifs à 10 ans
14 projets pour mobiliser l’économie
15 exigences de justice sociale et de sécurité

5 objectifs à 10 ans :
– Émissions nettes de gaz à effet de serre à zéro, grâce à une transition écologique juste pour toutes les communautés et les travailleurs.
– Création de centaines de milliers d’emplois stables ; assurer la prospérité et la sécurité économique pour tous.
– Investissement dans les méthodes, les infrastructures et l’industrie pour les mettre durablement au niveau des défis du XXIe siècle
– Air propre et eau potable. Résilience climatique au niveau local. Nourriture non contaminée. Accès universel à la nature et à un environnement non dégradé.
– Promotion de la justice et de l’équité en prenant soin des communautés les plus vulnérables.

14 projets majeurs pour mobiliser l’économie :
– Construction d’infrastructures permettant la résilience face aux catastrophes naturelles. Valoriser les bâtiments autonomes en énergie.
– Réparation et rénovation des infrastructures existantes
– Répondre à 100% des besoins énergétiques nationaux en recourant aux énergies propres et renouvelables. Pouvoir se passer du fossile et du nucléaire.
– Construction d’un réseau de distribution de l’énergie économe (smart grid) et garantir un accès universel minimum à l’énergie.
– Rénover tous les bâtiments pour les mettre à niveau d’une société économe en énergie
– Étendre le recours standard à l’industrie propre et non polluante (agro-alimentaire, fabrication, installation et maintenance de panneaux solaires, éoliennes, batteries et stockage énergétique, techniques de dépollution, processus industriels circulaires, « chimie verte », etc.)
– Travailler avec les agriculteurs pour créer des circuits alimentaires durables, permettant l’accès universel à une alimentation de première qualité tout en permettant aux travailleurs de vivre de leur production.
– Remanier le secteur du transport en augmentant massivement la production de véhicules électriques fiables et leur réseau de recharge. Rénover et densifier les transports publics urbains, interurbains et hors zone urbaine. Interconnecter les différents modes de transport à toutes les échelles du pays.
– Atténuer les impacts sanitaires du changement climatique et de la pollution terrestre, aérienne ou marine.
– Reforester massivement pour permettre l’absorption du carbone dans l’atmosphère
– Restaurer les écosystèmes dégradés, notamment en rapport avec la biodiversité du règne animal et végétal.
– Recherche et développement pour des produits de substitution ou des méthodes de remplacement permettant de supprimer les principaux polluants utilisés dans chaque secteur d’activité
– Partage de notre expertise, de nos technologies et méthodes avec nos voisins européens et avec les pays limitrophes de nos territoires d’Outre-Mer.

15 exigences de justice sociale et de sécurité :
– Des investissements massifs et l’assistance aux organisations, associations et entreprises qui s’engagent dans le Nouveau Contrat et s’assurant que la nation y trouve son retour sur investissement.
– Garantir que les coûts sociaux et environnementaux sont intégrés aux études d’impacts, aux estimations de retour sur investissement.
– Fournir une formation professionnelle continue universelle. Protéger les travailleurs plutôt que l’emploi
– Investir dans la Recherche et Développement (R&D) de nouvelles technologies énergétiques
– Mener des investissements directs pour les communautés en première ligne du réchauffement climatique ainsi que pour les communautés directement liées aux industries carbonées qui seraient sinon frappées de plein fouet par la transition en cours. Prioriser les retours sur investissement à leur profit.
– Utiliser comme méthode par défaut la concertation et le processus participatif avec les utilisateurs directs et les communautés locales.
– S’assurer que les emplois créés par le Nouveau Contrat Écologique sont des emplois dignes, stables et inclusifs.
– Protéger le droit des travailleurs à se syndiquer et à être représentés à tous les niveaux de décision.
– Renforcer et élargir la notion de santé et sécurité au travail aux domaines de l’inclusion, et de la non-discrimination, que l’activité soit salariée, indépendante ou bénévole.
– Renforcer les règles commerciales pour mettre un terme au dumping social, à l’export de pollution et accroitre l’industrie nationale.
– Garantir que le domaine public urbain ou naturel est protégé
– Préalablement au démarrage d’un projet sur leur territoire ou pouvant impacter leur territoire, obtenir le consentement éclairé des communautés locales, en métropole ou territoires d’Outre-Mer.
– Garantir un environnement libre de monopoles et de compétition abusive.
– Fournir des soins de santé curatifs de haute qualité, tout en déployant un système de santé orienté vers la prévention, en particulier pour les pathologies considérées comme évitables.
– – –

.
[Note du traducteur]
SOURCES (février 2019) :

https://www.documentcloud.org/documents/5731869-Green-New-Deal-FAQ.html (GreenNewDeal_FAQ.pdf)

Cliquer pour accéder à ENG4%20REPERES%202010%20ENG-Partie%204.pdf

http://www.globalcarbonatlas.org/en/CO2-emissions

Summary for Policymakers of IPCC Special Report on Global Warming of 1.5°C approved by governments

https://report.ipcc.ch/sr15/index.html

http://www.globalcarbonatlas.org/en/CO2-emissions

https://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/04/l-investissement-public-est-la-cle-de-la-reprise-economique_5025661_3232.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/05/28/20002-20160528ARTFIG00115-pour-jean-tirole-il-faut-proteger-le-salarie-plutot-que-l-emploi.php

.

 

188 reasons why 8 mars 2018


 

So  you want to « fight bias » ? Which one exactly ?

.

[click here to enlarge this infographic of 188 biases as they are listed in Wikipedia Encyclopedia]

188_cognitive-bias

.

.

.

 

Le bouton à 300 millions de dollars 2 février 2015


…un article écrit par Jared Spool en anglais et traduit par Yannick en français.

Dans un bel exemple de modestie et de concision, Jared nous présente une mission de conseil qui apparaît comme exceptionnelle dans ses résultats.
Il apparaît -presque paradoxalement- que le facteur majeur d’amélioration ne réside pas dans la mise en œuvre de méthodes obscures complexes comme la théorie de l’innovation de rupture ou d’outils obscurs  hypersophistiqués comme les logiciels de BI, mais dans la démarche volontariste d’aller observer les utilisateurs d’un produit qui existe déjà.
En deux mots : expérience utilisateur (ou UX, pour les connaisseurs). En deux autres mots : design ethnographique.

S’il est vrai que la mission première des managers est d’éviter de perdre de l’argent, alors le directeur qui a acheté la prestation de service de Jared mérite amplement d’être lui aussi cité en exemple.

(cliquez pour afficher en .pdf) Le bouton à 300 millions de dollars.
.
———————————————————
.
[FR :] Cet article est traduit avec la permission de User Interface Engineering. Pour plus d’articles et d’information, merci de visiter leur site uie.com
[EN :] This article is translated with permission by User Interface Engineering. For more articles and information, please visit http://www.uie.com.
.
Note de l’éditeur : grâce à Marco Dini vous pouvez aussi lire cet article en italien.

[Alors que Luke Wroblewski écrivait son livre renommé Web Form Design: Filling in the Blanks, il me demanda si j’avais en tête un exemple où la modification d’une page web avait provoqué une différence remarquable dans un business.
-« Tu veux dire, comme 300 millions de dollars de revenu supplémentaire ? » demandais-je.
-« Oui, un truc comme ça. » répondit Luke.
J’ai donc écrit cet article qu’il a publié dans son livre.]
.

Comment la modification d’un unique bouton a augmenté le revenu annuel d’un site web de 300M$

C’est difficile d’imaginer un formulaire plus simple : deux champs à remplir, deux boutons et un lien hypertexte.
Pourtant, il s’avérait que ce formulaire empêchait les clients d’acheter les produits d’un site majeur de commerce en ligne, à hauteur de 300.000.000 de dollars américains par an.
Pire encore : les concepteurs du site n’avaient même pas idée du problème.

Le formulaire était vraiment simple. Les champs à remplir étaient l’adresse e-mail et le mot de passe. Les boutons étaient Login et S’enregistrer.
Le lien concernait le Mot de passe oublié. C’était la page de connexion pour ce site web, sous une forme que l’on rencontre partout ailleurs sur l’internet. Comment pouvaient-ils avoir un problème avec ça ?

Ce problème n’était pas tant dans la mise en page du formulaire que dans sa mise en œuvre. En effet, les utilisateurs se retrouvaient sur cette page après avoir fait leurs courses et rempli leur ‘panier’, au moment où ils cliquaient sur Payer. Ils se retrouvaient sur cet écran avant même d’avoir fourni leurs informations de paiement.fidelisation-client-vente-perdue
L’équipe de développement voulait ainsi permettre aux clients de s’enregistrer, afin de pouvoir être reconnus pour de futurs achats. Les clients dont c’était la première visite ne seraient pas gênés par ces informations qu’on leur demandait, puisque cela représentait peu d’efforts et faciliterait leurs futures visites. C’était du gagnant-gagnant, pas vrai ?
.

« Je ne suis pas là pour avoir une relation »

Nous avons mené des tests d’utilisabilité (usability testing) avec des clients potentiels et nous leur avons demandé d’apporter une liste de courses. Puis nous leur avons donné de l’argent pour qu’ils puissent finaliser les achats. Tout ce qu’ils avaient à faire était d’acheter les articles qu’ils avaient listés eux-mêmes.

Mais nous-nous étions trompés au sujet des clients dont c’était la première visite. Ils ne voulaient pas s’enregistrer. Ils pensaient que le formulaire d’enregistrement qu’on leur mettait sous les yeux avant de finaliser l’achat était abusif. L’un de ces clients-tests nous confia « Je ne suis pas ici pour avoir une relation. Je veux seulement acheter des trucs. »

Certains ne se souvenaient pas si c’était leur première visite et étaient frustrés de ne pas être reconnus par le système lorsqu’ils essayaient plusieurs combinaisons d’e-mail et de mot de passe. Nous fûmes même surpris de voir à quel point ils résistaient à l’enregistrement que proposait le site web.

Sans même savoir ce qu’impliquait l’enregistrement, tous les utilisateurs qui cliquaient sur le bouton le faisaient avec désespoir. Beaucoup disaient à voix haute que le vendeur en ligne voulait ces informations personnelles uniquement dans le but d’envoyer ensuite des messages commerciaux dont ils ne voulaient pas.   D’autres imaginaient des objectifs cachés clairement néfastes, en lien avec la violation de la vie privée.
(en réalité, le site ne demandait à l’enregistrement rien de plus que ce qui était strictement nécessaire à l’achat : nom, adresse de livraison et informations de paiement)
.

Pas terrible non plus pour les clients fidèles

Les clients réguliers de ce site marchand n’étaient pas plus satisfaits que les autres. Mis à part ceux qui se souvenaient de leurs identifiants de connexion, la plupart trébuchaient sur le formulaire. Ils ne souvenaient plus de l’adresse mail ou du mot de passe qu’ils avaient utilisé. Se souvenir de l’adresse mail était particulièrement problématique – la plupart d’entre nous en possède plusieurs et certains en ont changé complétement au fil du temps.

Lorsqu’un client ne se souvenait pas de son e-mail ou de son mot de passe, il tentait des combinaisons différentes avec aussi peu de succès. Certains cliquaient alors sur Mot de passe oublié mais cette procédure est efficace seulement si vous-vous souvenez de l’adresse mail que vous avez utilisé la première fois…
(plus tard, nous avons mené une analyse de la base de données du vendeur, pour découvrir que 45% de tous les clients étaient enregistrés plusieurs fois, certains jusqu’à 10 fois. Nous avons aussi analysé combien de personnes demandaient la remise à zéro de leur mot de passe, pour découvrir que ça se produisait jusqu’à 160.000 fois par jour. 75% des visiteurs abandonnaient leur achat après avoir franchi cette étape)

Le formulaire, conçu pour être une aide au shopping, était en réalité une aide pour un nombre restreint de clients. Et même ceux-là n’étaient pas vraiment aidés car ils devaient vérifier et remettre à jour leur adresse de livraison ou leur moyen de paiement.
En réalité, ce formulaire bloquait donc les ventes – beaucoup de ventes.
.

Le correctif à 300.000.000$

Les développeurs résolurent le problème très simplement. Ils enlevèrent le bouton S’enregistrer et le remplacèrent par un bouton Continuer avec ce message :
Vous n’avez pas besoin de créer un compte pour faire vos achats. Cliquez sur Continuer pour procéder au paiement.
Pour rendre vos futurs achats plus simples, vous pouvez créer un compte après votre paiement.

Le résultat fut spectaculaire : le nombre de clients qui payaient s’envola de 45%. Les achats supplémentaires furent de 15 millions de dollars le premier mois. La première année le site engrangea 300.000.000 de dollars de revenu supplémentaires.

Sur mon répondeur, il y a toujours le message du Directeur Général de ce site marchand qui pèse 25 milliards de dollars, la première semaine où ils virent le nombre de ventes après la modification du formulaire. C’est un message on ne peut plus clair : « Spoo ! T’es le meilleur ! »
Pas besoin d’un message compliqué. Tout ce que nous avions fait c’était de changer un unique bouton.

Vous pouvez en apprendre plus sur le blog Brain Sparks.

.

– Jared Spool, 14 janvier 2009.
.
.
.

 

Peter Drucker et la gestion de soi 13 janvier 2015


.

Nous avons doublé notre espérance de vie depuis 1900 et, avec un peu de chance, nous pouvons espérer avoir une contribution significative au fonctionnement du monde pour environ 40 à 50 ans. C’est un total qui implique deux ou trois « carrières » au sens où nos parents l’entendaient.
Il n’est donc plus possible (ni souhaitable) de laisser l’Entreprise orienter nos vies au fil des politiques de ressources humaines, car il est très probable que l’entreprise mourra avant nous. Et elle nous entraînerait dans sa chute, si on se laissait faire.

Il n’est plus possible de déléguer la gestion de notre personne à une entité supérieure… Pour le meilleur et le pire, pour ce qui est de la gestion de soi, nous devons nous débrouiller seuls.

.

C’est un drame pour beaucoup d’entre nous, car c’est contraire à l’enseignement que nous avons reçu de nos parents, de l’école et de nos premiers mentors au travail. …mais c’est aussi l’opportunité de façonner notre existence -un peu- comme il nous plaît et comme ça nous convient.

A ce titre, le développement personnel permet de renforcer la conscience de soi, de construire notre identité (ou de la renforcer) et de développer nos talents. J’en ai déjà brièvement parlé avec l’article sur les limites de la tolérance ou la série sur les finances personnelles. Un autre domaine important serait le développement physique, notamment par le sport, mais ce n’est pas l’objet de ce blog (par contre, ici…).
En deux mots : c’est l’opportunité de devenir meilleur.
.
Comme vous aurez compris, nous sommes très largement au-delà du cadre de la vie professionnelle… et ce n’est pas une mince ironie que de reprendre un texte de Peter Drucker « Se gérer soi-même », l’un des pères fondateurs du management et de la théorie des organisations.
Cet article Managing Oneself est disponible en PDF  cliquez ici . C’est le chapitre 6 du livre Management challenges for the 21st century, publié en 1999.
.
Le développement personnel en France n’a cependant pas très bonne réputation. On y parle de manipulation mentale, de ‘gourous’ et de pseudo-psychologie… mais c’est ce qu’on appelle voir le verre à moitié vide. C’est pour cette raison qu’en langue française vous trouverez principalement des textes de mise en garde, alors que la même recherche en anglais (personal development) vous ouvrira un monde de possibilités. Ce qui ne doit pas vous faire abandonner tout esprit critique afin de trier le bon du mauvais !
Car le développement personnel, à l’échelle humaine, ce n’est rien d’autre que la version contemporaine du Connais-toi toi-même des anciens grecs. C’était déjà marqué à Delphes, sur le temple d’Apollon au VIe siècle avant notre ère : νῶθι σεαυτόν   et c’est aussi ce qui a inspiré Juvénal pour l’élégante formule du Mens sana in corpore sano : Un esprit sain dans un corps sain.

Existe-t’il un meilleur objectif de vie ?

Puisque ce n’est certainement pas une compétence innée, pour l’acquérir nous avons réellement besoin de l’expérience d’autrui, d’outils pour mieux nous connaître, pour nous améliorer et, en fin de compte, pour se construire une motivation supérieure à vivre : par rapport à soi-même, par rapport à autrui et par rapport à la direction que l’on souhaite donner à notre existence.

Connaître ma performance : Suis-je lecteur ou auditeur ?Solitaire ou équipier ?

Décideur ou conseiller ?

J’apprends en écrivant, en répétant à haute voix, en agissant ?

Connaître mes valeurs :Le test du miroir : puis-je me regarder en face ?Comment puis-je reconnaître un conflit entre mes valeurs et une situation ? Connaître mes points forts :L’analyse de feedback : au moment de prendre une décision, je note ce que j’en attends pour l’avenir. Environ 9 mois après j’évalue ce qui s’est passé réellement.Renforcer mes points forts jusqu’à l’excellence est moins difficile que de faire passer mes points faibles de médiocre à moyen.
Gérer ma contribution :Qu’est-ce que la situation impose de faire, ici et maintenant ? Est-ce que cela correspond à mes valeurs ? A mes points forts ?

  • Que faire
  • Où commencer
  • Quels objectifs viser
  • Quel planning

Suis-je meilleur dans une petite ou une grande organisation ?

Savoir dire Oui ; savoir dire Non.

Gérer mes relations :La politesse : première compétence dans un collectif.Prendre la responsabilité de ses relations.

Être responsable de sa communication, pas de la manière dont autrui l’interprète.

Annoncer : Voici ce que j’essaie de faire, pourquoi, comment, pour quels résultats. Demander aux autres de s’annoncer de la même manière.

Gérer ma seconde partie de vie / carrière parallèle :Utiliser ses points forts dans une autre organisation ou/et autre secteur d’activité.Tenter 10 heures par semaine en plus de l’activité principale (associatif, personnel).

Faire valoir son expérience et en être rémunéré (entrepreneur).

==> Pour se sauver de l’ennui, la mobilité est une condition de la stabilité personnelle.

.
.
.

 

L’expérience du GDS : dis-moi ce que tu sais de tes utilisateurs… 19 novembre 2014


Dans le cadre de nos projets IT, nous avons l’habitude de travailler sur des documents de conception (spécifications, cahiers d’exigences ou user stories) qui font le lien entre les « besoins de l’utilisateur » et les exigences fonctionnelles et techniques à mettre en œuvre pour répondre à ces besoins.experience-utilisateur-client-parcours-UX-ethno

C’est le b-a-ba et personne ne remet en cause l’idée qu’il faut penser à l’utilisateur avant de pouvoir lui proposer quoi que ce soit… mais pour les spécialistes de l’expérience utilisateur (en anglais UX, User eXperience), il ne suffit pas de penser aux utilisateurs, il faut les connaître, les connaître vraiment et pas seulement affirmer qu’on les connaît.
Cela passe par des enquêtes opérationnelles et des études qualitatives pour voir le monde avec les yeux des utilisateurs, dans l’objectif de cesser de leur pourrir la vie   améliorer leur expérience au contact d’un produit ou d’un service.
J’en ai parlé ailleurs : il s’agit d’améliorer notre fréquentation du monde.

.

Ce travail commence en amont d’un projet, par des recueils de type ethnologique où l’on observe les vrais gens dans le contexte réel de leur vraie vie quotidienne. Selon les cas, on parle d’entretiens individuels, de ‘workshops’ de quelques heures ou… d’enquêtes en immersion sur une ou plusieurs semaines. C’est une autre version du travail d’ethnologue, il ne s’agit plus de faire l’ethnologie de l’organisation, mais pour l’organisation.
C’est avec ce genre d’enquête de terrain que l’entreprise Intel a pu rester numéro un mondial du microprocesseur en comprenant qu’il fallait adapter ses produits aux appareils mobiles, parce qu’il s’agissait d’une tendance lourde, confirmée dans les pratiques de socialisation, sur le terrain.

.

Un autre exemple concerne les informations présentes sur un site internet. A ce titre, la page web décrivant ce qu’est la TVA sur le site de l’administration britannique est une expérience remarquable pour le domaine de l’UX et de l’observation en direct des usages.

vat-uk-waterfall-development_projectSur l’image ci-contre à gauche, la version initiale montre une collection de liens et de définitions… alors que l’enquête de terrain prouve que l’utilisateur vient d’abord chercher quels sont les taux officiellement en vigueur –et c’est tout. N’ayant pas le temps ni l’envie de fouiller, le taux d’abandon était dramatique et la fréquentation à 1200 vues/jour était médiocre. Autrement dit : cette page ne servait à rien.

La nouvelle page ci-dessous à droite offre donc à l’internaute d’abord ce qu’il vient chercher : les taux de TVA en vigueur (VAT en anglais).   Allez voir par vous-mêmes en cliquant ici : https://www.gov.uk/vat-rates

Entre ces deux versions de la même page web, les développeurs ont utilisé les résultats d’une enquête de terrain, en la complétant par l’analyse des requêtes des internautes sur le site gov.uk  La nouvelle page reçoit 10 fois plus de trafic qu’auparavant avec 12.000 vues par jour en moyenne.

.

Ces exemples sont cohérents avec un constat que l’on peut faire trop souvent : la plupart des projets qui vat-uk-agile-development_project_ethno_ux_conceptionaffirment se baser sur les besoins de l’utilisateur affichent une connaissance supposée des utilisateurs, mais pas une connaissance réelle. Or le rapprochement entre le travail de conception (design) et la réalité des usages passe par une solide démarche d’expérience utilisateur (UX).

 

C’est ici qu’intervient Leisa Reichelt (sur Twitter : @leisa), directrice du département de la Recherche Utilisateur pour l’administration du Royaume-Uni (oui c’est bien ça : le gouvernement du Royaume-Uni possède un direction UX / User eXperience). L’équipe dirigé par Leisa depuis 2012 s’inscrit dans un vaste projet de refonte de l’administration anglaise, en partant du principe que le point de contact majeur avec le citoyen est désormais l’internet.
Il s’agit de transformer profondément la notion même de service public en passant à une version numérique par défaut. C’est seulement lorsque le numérique ne peut plus répondre au besoin du citoyen que l’administration se matérialise dans des bureaux. Par exemple pour le Jobcentre, l’équivalent anglais de notre Pôle Emploi, l’économie estimée d’ici à la fin du projet est de 2 millions de livres Sterling par an.
Notez bien qu’il ne s’agit pas d’une logique exclusivement comptable. Il ne s’agit pas de supprimer complètement des services publics, mais de les basculer vers l’internet en gardant à l’esprit l’idée d’une présence physique, mais seulement dans un second temps.

La Maîtrise d’Ouvrage (MOA) générale est le Government Digital Service (https://gds.blog.gov.uk ) qui mène des missions d’enquête de terrain avant de modifier les pages web en mode agile. Tous les sprints sont menés sur la base d’une nouvelle enquête ethnologique bien ciblée (« Que veut l’utilisateur qui visite la page sur la TVA ? »).

 

D’ici à mars 2015, en transformant les 25 services publics qui génèrent le plus de recherches sur les moteurs comme Google ou Bing, l’objectif du GDS est de répondre à des besoins réels, sans doute autant que d’aller chercher le contribuable là où il se trouve : derrière l’écran.
Les actes administratifs disponibles en ligne ont ainsi généré 2,6 milliards de livres Sterling de paiements en 2013.

Pour mesurer le succès (ou pas) de ces actions, 4 indicateurs-clés (KPIs) sont suivis :

  • Actes administratifs en ligne : combien d’actes sont possibles en ligne ?
  • Coût par acte : combien coute la fourniture d’un acte en ligne (coût unitaire et moyen) ?
  • Satisfaction utilisateur : quelles notes sont attribuées en ligne par l’utilisateur ?
  • Taux d’abandon : combien de personne entament un acte administratif en ligne sans l’achever ?

Ces statistiques sont publiées en accès libre et en open data sur : https://www.gov.uk/performance

 

Pour gérer un projet, les méthodes agiles ont déjà prouvé leur fiabilité par rapport au classique modèle en cascade. Avec une transformation d’une telle ampleur en Grande-Bretagne, les domaines de la recherche ethnographique et de l’UX sont placés au premier plan à leur tour, en démontrant qu’ils apportent une valeur ajoutée aux projets en fournissant des points d’appui fiables au travail de conception.

 

Mais un autre point d’intérêt à souligner est que la nouvelle organisation qui se met en place démontre une grande humilité : plutôt que d’affirmer que tout sera terminé à une date N (démarche classique d’un projet ‘en cascade’), l’accent est mis sur l’amélioration continue.
Est-ce un indice que c’est l’organisation elle-même qui devient plus agile ? Pour une bureaucratie vieille de plus de 300 ans ce ne serait pas le moindre des défis…

.

Pour ceux d’entre vous qui se demandent en quoi ils sont directement concernés et ce que pourrait leur apporter une micro-enquête ethnologique comme base de départ d’un projet, je me suis livré à un petit comparatif sur des sites web bien connus qui sont susceptibles de fournir à l’utilisateur des informations fiables sur de multiples sujets. Nous pourrions commencer par rechercher naïvement quel est le taux de TVA applicable en France, ou quel est le prix d’un timbre poste… voyez le résultat ci-dessous :

la-poste_impots_web-ux-experience-utilisateur_timbre-tva

Dans l’optique d’un utilisateur lambda qui recherche soit le taux de TVA en vigueur, soit le prix d’un timbre, inutile de vous dire que le site web de l’organisation ne répond pas à son besoin.
Pourtant, je parierais gros que l’équipe qui a publié ces pages est persuadée de connaître ses utilisateurs.
Pourtant, ces deux pages sont techniquement parfaites et répondent à toutes les normes de codage informatique, d’ergonomie, d’UI ou de QoS et de QoE.

Ce qui fait défaut ici est le manque de connaissance réelle des besoins de l’utilisateur, un vide que l’on peut combler en deux mots : l’expérience utilisateur. C’est la base première pour  connaître vraiment les utilisateurs et pas seulement affirmer qu’on les connaît. C’est ce que réalise en ce moment l’administration britannique.
…Et si une administration bureaucratique âgée de 300 ans y parvient, n’est-ce pas, quelle organisation pourra prétendre ne pas pouvoir le faire ?

.
.
.

 

Les 5 réponses de l’Agile 30 octobre 2014


 

Les responsables d’entreprises et les responsables de services informatiques n’ont que l’embarras du choix sur les méthodes et les outils qu’ils peuvent utiliser pour mener à bien les projets liés aux systèmes d’information.

CMMI, ITIL, ISO, ISTQB sont autant de références incontournables aujourd’hui et font partie du vocabulaire de base des équipes de management. La contrainte de mise en qualité et la volonté de faire de bons produits permet à chacun de jongler avec ces méthodes et il n’est pas rare de retrouver du CMMI, du ITIL et du ISO dans la même organisation.

 

L’expression « méthodes agiles » perce parfois ce consensus avec un succès variable.

Les acteurs de l’industrie logicielle, grands ou petits, abordent les méthodes agiles avec une certaine confusion, ne sachant pas ce qu’elles sont, ce qu’elles ne sont pas et ce qu’elles recouvrent en termes opérationnels. La simplicité du Manifeste Agile n’aide pas vraiment non plus à situer les enjeux…
Pourtant, le développement logiciel agile n’est pas nouveau et il tient la comparaison d’ancienneté avec les autres méthodes citées précédemment.
L’acte de naissance des méthodes agiles remonte officiellement à 1981, lorsque James Martin a breveté la méthode rapide de développement d’application (Rapid Application Development –RAD). Cette méthode RAD consiste en une suite de développements livrés aux utilisateurs tous les 90 jours en moyenne, qui a évolué ensuite avec les méthodes Dynamic Software Development Method (DSDM), Unified Process (UP) ou encore Scrum.
Avec Scrum, le délai de livraison d’une fonctionnalité aux utilisateurs tombe à 30 jours en moyenne. C’est ce qu’on appelle un ‘sprint’.

 

Pourtant, les craintes liées à l’aspect informel des méthodes agiles freinent leur adoption dans les entreprises malgré la publicité faite autour de celles qui les utilisent avec succès.
Les responsables informatiques sont donc face à un dilemme : agile ou pas agile ? Quels risques prenons-nous avec les méthodes agiles ? En quoi les méthodes agiles sont mieux que le modèle de gestion de projet « en cascade » ? Vais-je faire partir mes meilleurs développeurs si ça ne leur plait pas ?

Il semble de toute façon que, avec ou sans les méthodes agiles, il n’existe toujours pas de solution miracle pour faire réussir un développement ou un projet…

.

Les méthodes agiles soulèvent régulièrement cinq critiques qui sont autant d’épouvantails et d’idées préconçues. Il s’agit davantage de prédictions auto réalisatrices que de critiques argumentées (« ça va pas marcher, ça va pas marcher, ça va pas marcher ! ») et nous allons les passer en revue pour apporter des éléments de réponse plus concrets.

  • Les méthodes agiles, c’est du travail de hacker

Ce reproche fréquent réduit ces méthodes de développement à une anarchie à peine contrôlée, et qui voudrait travailler dans ces conditions ?
La réalité est plus nuancée et heureusement plus structurée.

Les « agilistes » font des plannings, ils rédigent leurs cahiers de tests en fonction des priorités du client et ils vérifient souvent leurs résultats avec les utilisateurs pour valider les livraisons. Certaines équipes particulièrement bien calibrées embarquent même des ethnologues pour rendre compte des pratiques des utilisateurs, afin de concevoir au mieux le produit en même temps qu’il est fabriqué… Ce que les équipes agiles attendent des responsables et du client, c’est qu’ils fournissent les priorités à suivre et qu’ils participent conjointement pour proposer des ajustements.
En d’autres termes, les méthodes agiles ne transforment pas ce qui est fait, elles modifient seulement comment le travail est fait… comme n’importe quelle autre méthode de qualité.
A ce titre, les méthodes agiles ne sont pas du travail de hacker et surtout, le concept même de hacker est contraire à l’esprit d’équipe.

  • Elles ne peuvent pas s’appliquer aux grands projets

L’origine des méthodes agiles remonte en effet à des projets informatiques de taille modeste et encore aujourd’hui, elles sont parfois préconisées pour les charges estimées à moins de 100.000 lignes de code.
Avec le temps cependant, même les grands projets sont devenus sensibles à l’incertitude et aux changements de spécifications en cours de travail.
Les grandes entreprises et les organisations gouvernementales pouvaient se permettre de fonctionner comme l’industrie ‘lourde’ en adoptant des procédures rigides et un avancement en cascade, chaque livraison étant basée sur des besoins exprimés par le client au tout début du projet, soit parfois des mois ou des années avant.

 

Cela n’est plus vrai aujourd’hui : un projet qui dure plusieurs mois est en grand danger s’il ne réactualise pas les besoins du client régulièrement. Le produit fini risque de ne plus être d’aucune utilité ou d’utiliser une technologie déjà obsolète. Je vous renvoie à mon article sur le système embarqué dans le robot Curiosity, qui se balade en ce moment même sur la planète Mars : deux millions de lignes d’instructions développées en code C, avec un taux d’erreur de un pour mille. Tout cela réalisé par des équipes agiles.
Si les projets en eux-mêmes peuvent conserver une gestion basée sur un modèle classique (management, reporting, planification, etc.), leur aspect ‘’développement’’ et ‘’systèmes d’information’’ doit prendre en compte un niveau d’incertitude qui rend propice l’adoption des méthodes agiles.

C’est le dosage et la cohabitation avec les méthodes habituelles qu’il faut apprendre à gérer.

Pour les besoins des logiciels de Défense, les armées ont régulièrement innové pour parvenir à une grande qualité de leurs produits, des produits qui atteignent assez souvent le million de lignes de code ou plus et des équipes comptant jusqu’à 250 développeurs.


Compte tenu des enjeux opérationnels, on comprend aisément qu’un bug inopiné ou des spécifications inadaptées puisse entraîner directement des pertes irréparables en combattants ou en matériel, ou plus radicalement la perte d’une guerre.

Toutes les équipes de développement militaires et leurs sous-traitants utilisent aujourd’hui les méthodes agiles, à divers degrés, ce qui prouve que ces méthodes s’appliquent bien aux grands projets et qu’on peut les utiliser effectivement à divers degrés.
Voir à ce sujet : Paul E. McMahon : “Lessons Learned Using Agile Methods on Large Defense Contracts” in Cross talk, 2008. Magazine d’ingénierie logicielle de la Défense, US Air Force. http://www.stsc.hill.af.mil/crosstalk

Les adaptations peuvent porter notamment sur l’écart entre les livraisons aux utilisateurs, qui peuvent passer à six ou douze mois au lieu de 30 ou 120 jours. Une étude du Jet Propulsion Laboratory présente un projet de 200 années / homme mené par IBM Federal Systems, dont les livraisons se sont faites en 45 itérations, à chaque fois dans les délais et sous le budget fixé.
Voir : W. H. Spuck : Management of Rapid Development Projects. Editions du Jet Propulsion Laboratory, D-8415, A. 1991.

De plus, on remarquera que le CMMI est lui-même issu des préoccupations de l’armée américaine dans les années 1980, qui s’inquiétait de la multitude de sous-traitants et des difficultés à harmoniser leur niveau de qualité.
En pratique, si l’on parle aujourd’hui de l’utilisation des méthodes agiles dans les projets de Défense aux États-Unis, cela implique que ces méthodes sont obligatoirement employées dans un environnement CMMI. Les deux n’ont donc rien d’incompatible.

  • Elles ne fonctionnent pas si les équipes sont géographiquement distantes

Les équipes géographiquement distantes (ou ‘’distribuées’’) peuvent l’être dans différents bâtiments ou continents. Les pratiques de développement offshore font régulièrement travailler ensemble de personnes basées sur différents fuseaux horaires avec -bien sûr- différentes cultures professionnelles.
L’un des enseignements des projets offshore est que, quelle que soit la méthode utilisée pour gérer l’activité, la documentation écrite ne peut pas résoudre tous les problèmes. Plus exactement : la documentation écrite est une source de problèmes. Problèmes d’interprétation, de références, de vocabulaire, de délai de rédaction et de diffusion, etc.
Les interactions plus fréquentes par téléphone, visioconférence, intranet, écrans d’affichage, e-mail et les outils de travail partagés accroissent l’agilité en dépit de la distance, même si l’objectif n’est pas de mettre en place les méthodes agiles.   Voir : R. L. Daft : Organization Theory and Design. Editions West Publishing, 1992.

L’enjeu est alors de créer des mécanismes qui permettent à chacun d’accéder aux sources d’information dont il a besoin, plutôt que de devoir contrôler le flux d’informations émanant de la direction du projet. La communication elle-même doit être un aspect majeur du management, comme un élément à part entière que l’on doit promouvoir et faciliter, dans et au-delà de la ligne hiérarchique.
Les individus ne doivent pas hésiter en particulier à se parler de site à site, parce que la tendance naturelle pour les équipes est de développer un sentiment d’appartenance géographique, un ‘’esprit de clocher’’ qui favorise la rétention d’information et casse la cohésion de l’ensemble. En termes d’organisation c’est bien une équipe entière qu’il faut parvenir à créer et à maintenir et non pas plusieurs équipes distantes étalées sur différents sites.

  • Elles ne permettent pas de gérer les problèmes complexes d’architecture

Le manque de planification et de choix d’architecture au début d’un projet est sans doute le souci le plus sérieux qui peut aboutir à des développements en aveugle. Des problèmes non prévus surgiront dans les cycles ultérieurs, mettront en évidence un mauvais urbanisme et obligeront à une révision coûteuse de l’existant.
Bien entendu, tenter de résoudre toutes les questions d’urbanisme au départ ne garantit en rien qu’il n’y aura pas de soucis à l’avenir ! jl-LeMOIGNE_modelisation-systemes-complexes

Le point fort des méthodes agiles sur ce sujet consiste à considérer avec attention le rapport entre les avantages et les inconvénients d’une architecture planifiée dès le lancement du projet.
La meilleure décision portera sur le point médian -le juste milieu- entre les extrêmes de ‘pas d’architecture du tout’ et l’illusion d’une architecture complète, comme on a pu le voir dans la catastrophe du projet LOUVOIS.

Certaines questions d’urbanisme peuvent être tellement obscures et critiques que vous aurez besoin de toute façon d’investir dans des prototypes jetables pour clarifier la solution à suivre.
Vous pouvez également hiérarchiser les objectifs de vos premières livraisons pour qu’elles éclairent les questions majeures.
Définir quels aspects du projet sont susceptibles d’être stables ou volatils pourra aussi vous aider… pourvu que vous sachiez rester ouvert aux évolutions.

En règle générale, le développement agile favorise les architectures simples et flexibles, qui sont un gage d’adaptabilité en cas de changements ultérieurs.

 

  • Mes clients / mes développeurs ne travailleront jamais comme ça

L’idée préconçue derrière cette affirmation est que les méthodes agiles seraient culturellement incompatibles avec certains projets ; et je serais bien le dernier à affirmer que l’on peut imposer certaines pratiques à des gens qui n’en veulent pas.

Mais à ceux qui se demandent ce qu’ils pourraient perdre, nous demandons plutôt ce qu’ils pourraient gagner. Bien des équipes découvriront qu’elles fonctionnent mieux en utilisant des méthodes agiles et elles pourraient complètement y adhérer… pourvu qu’elles aient pu s’y frotter.
La réussite comptera pour beaucoup dans cette adhésion. L’impression positive qui naît en parvenant à livrer rapidement du code qui fonctionne est un puissant facteur de motivation, pour les clients comme pour les développeurs.
Ironiquement, les développeurs chevronnés ont l’habitude de se plaindre lorsque les managers les poussent à commencer le travail trop tôt, sachant pertinemment que les exigences changeront dans quelques jours ou semaines.
Avec les méthodes agiles, la différence est que le système n’est pas supposé être parfait dès le premier essai (ce qui est vrai à chaque fois, de toute façon !). L’équipe de projet a de multiples itérations devant elle pour affiner son analyse des difficultés, préciser l’estimation des coûts et du planning ou faire émerger de nouvelles exigences.

.

Si on leur en donne la chance, les individus aiment apprendre, en particulier si cet apprentissage leur permet de devenir meilleurs dans leur travail. Après tout, la mise en œuvre de chaque méthode qualité implique ce genre de pari sur l’avenir. Sur ce point non plus, les méthodes agiles ne sont pas différentes des autres.

Ainsi, comme je le disais plus haut, ce préjugé de l’incompatibilité culturelle nous ramène au rôle du management, pour qu’il joue à plein son rôle de pédagogue et de levier pour améliorer les Ressources Humaines. Car dans le domaine informatique comme ailleurs, on remarque une constance des problèmes :

  • Il n’y a pas de solution miracle, il n’y a que des solutions adaptées à un contexte.
  • Le contexte des métiers de l’informatique est propice à l’agilité et le sera de plus en plus.
  • Enfin, le choix d’adopter le développement agile relève d’une décision de management plus que de technique, comme toutes les décisions vraiment importantes.

 

hongkong_agile

A quel point êtes-vous agile…?

.

.

.

 

 

Lectures du soir : prix Beckhard 2014 26 août 2014


Le prix Richard Beckhard Memorial est attribué tous les ans aux auteurs du plus remarquable article publié dans la Sloan Management Review, pour les recherches menées en « conduite du changement et développement des organisations ».
Cette revue in english est une référence internationale dans le domaine des pratiques de management, elle émane du glorieux MIT – Massachusetts Institute of Technology.

Les gagnants du prix 2014 -Hamid Bouchiki et John Kimberly- sont récompensés pour leur article « Faire fonctionner les fusions d’entreprises ».
Un indice : la solution n’est pas dans les bilans comptables, les données techniques ou les procédures métier…

.

MIT_beckhard-prize_2014_hBouchiki-jKimberly_making-mergers-work

.
.
.

 

Le rire de Démocrite 1 août 2014


.
« Le rire de Démocrite » : conférence intégrale de Michel Onfray (1h08).

.

.

fNietzsche_sur-democrite

.

 

Devoirs de vacances, été 2014 7 juillet 2014


.

Dans le droit fil de l’article proposé à l’été 2013 (voir ces Devoirs de vacances) ainsi que des différentes ‘Lectures’ proposées  sur ce blog, voici pour l’été 2014 une bibliographie à destination d’étudiants de niveau bac+5 ‘Conseil en Organisation’ à l’université Paris VIII ( »UP8 », pour les intimes).

.

Introduction à

la théorie des organisations

& ethnologie contemporaine

 

 

[FR] Les ouvrages dont l’auteur est souligné sont présumés lus avant les examens. Des discussions vigoureuses sur leurs argumentaires sont attendues en classe.
[EN] The books (in french) for which author’s name is underlined are assumed read before exams. Vigorous discussions about their content are expected in class.

 

Ouvrages généraux : 

Amselle, Jean-Loup : Branchements. Anthropologie de l’universalité des cultures   Ed. Flammarion, 2005

Clifford Geertz

Ansart , P. : Les sociologies contemporaines  Ed. Seuil, 1990

Augé, M. : Pour une anthropologie des mondes contemporains, Ed. Aubier, 1994

Barley Nigel : L’anthropologie n’est pas un sport dangereux Ed. Payot, 1999 (1996)

Bernoux, P. : La sociologie des organisations   Ed. Seuil, 2014 (1985)

Boudon, R. : La place du désordre  Ed. PUF, 2004

Degenne, A. + Forsé, M. : Les réseaux sociaux  Ed. Armand Colin, 1994

Friedberg, E. : Le pouvoir et la règle  Ed. Seuil, 1993

Geertz, Clifford : Savoir local, savoir global  Ed. PUF, 1999 (1986)
                                        L’interprétation des cultures,  Ed. Gallimard, 1983 (1973)

Latour, B. + Callon, M. + Akrich, M. : Sociologie de la traduction : textes fondateurs   Ed. Presses de l’École des Mines, 2006

Latour, B. + Lemonnier, P. (dir.) : De la préhistoire aux missiles balistiques. L’intelligence sociale des techniques   Ed. La Découverte, 1994

Leach, Edmund : L’unité de l’homme  Ed. Gallimard, 1981

Leroi-Gourhan, André : Le fil du temps. Ethnologie et préhistoire Ed. Fayard, 1983
                                                         Le geste et la parole (2 volumes) Ed. Albin Michel, 1964

Henry Mintzberg.

Henry Mintzberg.

Mintzberg Henry : Structure et dynamique des organisations Ed. d’Organisation, 1982 (1979)

Nietzsche, Friedrich : Aurore. Pensée sur les préjugés moraux Ed. Robert Laffont, 1993 (1881)

Quivy, Raymond : Manuel de recherches en sciences sociales Ed. Dunod, 1995 (1988)

Zimmerman, B. : Ce que travailler veut dire   Ed. Economica, 2002

.

Synthèses et domaines d’études : 

 Bayart, J.-F. : Le gouvernement du monde  Ed. Fayard, 2004

Beaune, J.-C. : Anthropologie des milieux techniques  (2 volumes) Ed. Vallon, 2013

Bourdieu, Pierre : La distinction. Critique sociale du jugement  Ed. Minuit, 1992 (1979)

Pierre Bourdieu.

Pierre Bourdieu.

Coulon, A. : L’École de de Chicago   Ed. PUF, Que Sais-je ? n°2639   2002

Coriat, O. + Weinstein, O. : Les nouvelles théories de l’entreprise   Ed. Poche, 1995

Crawford, M. : Eloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail.   Ed. La Découverte, 2010

Daumal, S. : Design d’expérience utilisateur. Principes et méthodes UX   Ed. Eyrolles, 2012

Granjon, F. : Reconnaissance et usages d’internet. Sociologie critique des pratiques de l’informatique connectée   Ed. Presses des Mines, 2012

Thiesse, A.-M. : La création des identités nationales.  Ed. Seuil, 2001

Warnier, J.-P. : La mondialisation de la culture Ed . La Découverte, 2004

Wotling, P. : Nietzsche et le problème de la civilisation Ed. PUF, 1995

 

——————————-in english   /   Ouvrages en anglais— :————————————————–

Allison, G. + Zelikow, P. : The essence of Decision, explaining the Cuban missile crisis  Ed. Longman, 1999 (1971)

Bell, G. + Kaye, J. : « Designing Technology for Domestic Spaces : A Kitchen Manifesto. » article in Gastronomica, 2, 2002.

Genevieve Bell.

Genevieve Bell.

Brooks, F. : The design of design. Essays from a computer scientist   Ed. Addison, 2002

Davis, D.: The consumer revolution in urban China   Ed. University of California Press, 2000

Dunn, E. + Gilbert, D. + Wilson, T. :  « If money doesn’t make you happy, you’re probably not spending it well » in Journal of Consumer Psychology, 21, 2011

Fincham, B. : « Balance is everything. Bicycle messengers, work and leisure » in Sociology, 42, 2008

Hopkins, A. G. : Globalization in world history. Ed. W.W. Norton, 2002

Ladner, Sam : Practical ethnography. A guide to doing ethnography in the private sector.   Ed. Left Coast, 2014

Malkki L.: Purity and exile. Violence, memory & national cosmology among Hutu refugees in Tanzania.   Ed. University of Chicago Press, 1995

Musiani, F.: « Caring about the plumbing.On the importance of architectures in social studies of (peer-to-peer) technology » in Journal of peer production, 1, 2012

Norman, Donald : The design of everyday things   Ed. Basic Books, 2002

Whyte, W. (dir.) : The exploding metropolis Ed. University of California Press, 1993
                                      The organization man   Ed. University of Pennsylvania Press, 2002 (1956)
.

Terrains d’études, monographies : 

Alter, N.: L’innovation ordinaire   Ed. PUF, 2013 (2001)

Bauer, M. : Les patrons de PME entre le pouvoir, l’entreprise et la famille  Ed. InterEditions, 1993

Chouinard , Yvon : Patron malgré lui : les confessions d’un surfeur entrepreneur   Ed. Penguin, 2006

Yvon Chouinard.

Yvon Chouinard.

Drucker, Peter. : L’avenir du management Ed. Village Mondial, 2005

Guigo, D : Ethnologie des hommes des usines et des bureaux Ed. L’Harmattan, 1994

Mintzberg H. : Des managers, des vrais ! Pas des MBA Ed. d’Organisation, 2005

Pfeiffer, J. + Sutton, R . : Faits et foutaises dans le management Ed. Vuibert, 2007

Zheng, L. + Desjeux, D. : Entreprises et vie quotidienne en Chine   Ed. L’Harmattan, 2002

 

Beaud, S. + Lindgaard, J. : La France invisible  Ed. La Découverte, 2006

Callon, M. : « La domestication des coquilles Saint-Jacques et des marins pêcheurs dans la baie de Saint-Brieuc » in L’année sociologique, 1986

Le Guirriec, Patrick : Le pouvoir en campagne. Formes locales du politique en Bretagne Ed. Apogée, 1994

Lieber, M. + Angeloff, T. : Chinoises au XXIe siècle  Ed. La Découverte, 2012

Petonnet, C. : Espaces habités. Ethnologie des banlieues Ed. Galilée, 1982

Roche, D. : Histoire des choses banales. Naissance de la consommation   Ed. Fayard, 2000

Colette Pétonnet.

Colette Pétonnet.

 

Audouin-Rouzeau, S. : Combattre. Une anthropologie de la guerre moderne (XIXe – XXIe siècle)   Ed. Seuil, 2008

Hassner, P. + Marchal, R. : Guerres et sociétés : États et violence après la Guerre Froide   Ed. Karthala, 2003

Simmel, G. : Le conflit  Ed. Circé, 1995 (1908)

Toffler, Alvin : Guerre et contre-guerre, Ed. Hachette, 1996 (1993)

 

 

Ressources sur internet : 

https://yannickprimel.wordpress.com    (ceci s’appelle une auto-référence :) )

http://www.sciencespo.fr/ceri : Centre d’Études et de Recherches Internationales (Sciences Po).

http://www.asmp.fr/travaux/groupe_travail.htm : Cahiers et publications de l’Académie des Sciences Morales et Politiques

http://metropoles.revues.org : Revue Métropoles : ville et sciences sociales

http://www.millenaire3.com/Revue-M3.1371.0.html : Revue M3 : société urbaine et action publique

www.observateurocde.org (le même en anglais : http://www.oecdobserver.org ) : Magazine de l’OCDE – Organisation de Coopération et de Développement Économiques

http://nrt.revues.org : La Nouvelle Revue du Travail

http://terrain.revues.org : Revue française Terrain

http://www.ethnographiques.org   : Maison des sciences de l’Homme et de l’Environnement de Besançon + Institut d’ethnologie de Neuchâtel.

http://www.insee.fr/fr/publications-et-services : Institut National de la Statistique et des Études Économiques… pour poser les théories sur des faits, et non l’inverse.

 

——————————-in english   /   Sites en anglais— :—————————————————

www.aaanet.org : American Anthropological Association, depuis 1902.

http://ethnographymatters.net : La recherche ethnographique appliquée aux terrains contemporains et entreprises.
Méthodes, big data, design ethnographique, UX.

http://harvardbusiness.org : Harvard Business Review

http://www.ifeas.uni-mainz.de/eng/index.php : Université de Mainz (Allemagne), département d’anthropologie et études africaines.

http://socialcomputing.uci.edu : Technology Center for Social Computing  (centre de recherches sociales de l’entreprise Intel)

www.sociosite.net/topics/websoc.php : Cyberspace and web sociology, par l’université d’Amsterdam

www.unesco.org/shs/ijms : International Journal on Multicultural Societies, par l’UNESCO

.

 

Friedrich Nietzsche : “You have your way. I have my way. As for the right way, the correct way, and the only way, it does not exist.”

Friedrich Nietzsche : “You have your way. I have my way. As for the right way, the correct way, and the only way, it does not exist.”

.

.

.

 

The ethnographic design 6 juin 2014


The association of « ethno » and design has a guiding principle :

improve the attendance of the world.

.

(click to read in english the full text in .pdf) At first sight : ethnographic design.
This document is also available in french here.

.

Ethnography applied to design allows to understand in which context someone is going to use the product, so that it blends in the entire life experience of the user… be it a silex arrow point, a smartphone or a public service for the unemployed.

.

.

A physical object, a system or a procedure does not come out of the blue and is not used in the vacuum.
A whole complex of group values, relationships and symbolic ties operate to steer the user in a very particular way, within the bounds of the social fabric.

Understanding this  »very particular way » allows to improve the design so that the object, system or procedure truly fits in the meaning the user gives to his life.

.

.

.

.

.

 

 

Proposition pour une ethnographie agile 17 février 2014


…un article écrit par Alicia en anglais et traduit par Yannick en français

(cliquez pour afficher en .pdf) Proposition pour une ethnographie agile.
.
Alicia est consultante pour le cabinet de conseil Deloitte Digital, en Australie. Son champ d’activité consiste à étudier comment améliorer le transfert de connaissances d’une personne à une autre.
Elle se définit comme designer ethnographe, ce qui consiste à rassembler et enregistrer la parole d’autrui sur sa vie quotidienne (ethnographe), afin de prendre son point de vue pour fabriquer des services ou des produits qui soient réellement utiles dans cette vie quotidienne (designer).  Cette activité professionnelle est un mélange trop rare, dans la mesure où ni le monde universitaire ni celui de l’entreprise n’ont bien compris son intérêt intrinsèque.

.
Les ethnographes passent leur temps à découvrir et à regarder le monde avec les yeux d’autrui.
Nous voulons savoir ce qu’est le monde du point de vue d’autrui. Et dans la mesure où l’être humain est un animal social par définition, nous devons être capables d’identifier au-delà d’une personne unique des schémas, des motifs récurrents de comportement au sein des groupes.
Il est important de remarquer que les designers ethnographes vivent dans des  »espaces problématiques ». Les zones d’exploration doivent être bien identifiées -comme par exemple : quel genre de bouton de réglage sonore doit-on placer sur une tablette tactile ? -ou encore : quels signes visuels d’appartenance recherche un adolescent qui fréquente plusieurs communautés hétérogènes de l’internet ?

.

C’est ce que nous faisons, les ethnographes du design : nous sommes particulièrement bons pour obtenir de l’information du point de vue des utilisateurs pour en faire de la connaissance technique.   Ne comptez pas sur le big data pour vous donner ce genre d’aperçu de l’intérieur…

..
Le post original est sur le site d’Alicia : http://aliciadudek.wordpress.com/2012/07/23/agile-ethnography-a-proposition/

.

.

.

.

 

Play nice : ethnographer meets management consultant 31 janvier 2014


.

Une ethnologue rencontre une consultante en management… interview in english avec Alicia Dudek, de Deloitte Digital.

.

 Play nice: design ethnographer meets management consultant, an interview with Alicia Dudek from Deloitte Digital.
SOURCE : ethnographymatters.net

.

.

.

.

 

Trouver l’inspiration, meilleurs voeux & co. 6 janvier 2013

Filed under: Développement personnel,English — Yannick @ 20:09
Tags: , , ,

.
2013 s’est ouvert sous de bons auspices pour vous, je l’espère. Et si ce n’est pas le cas, je vous inviterais volontiers à aller les chercher, ces bons auspices, à les tirer par la manche et à les amener à vous. Allez les provoquer !
.

.
« Je ne fais pas mon métier en observant, je veux être impliqué (…) C’est en sortant de ma zone de confort que je trouve la meilleure inspiration, les meilleures récompenses. »

Chris Burkard, photographe de surf   |   surf photographer.

« I don’t do my job by observing, i want to be involved (…) It’s by getting out of my comfort zone that i find the best inspiration, the highest rewards. »
.
.
.

 

Devoirs de vacances | Holidays’ homework 6 juillet 2012


.

Avec cet article découpé en quatre chapitres, je vous invite à penser ce que sera notre monde dans 150 ans.
Posséder un paysage mental compatible avec le monde qui arrive est une vraie bénédiction, par opposition aux personnes qui prennent leurs décisions d’après une réalité qui n’existe plus.

Merci aux universités de Berkeley, Biola, Case Western, Harvard, Stanford et Yale. Toutes font l’effort de donner au plus grand nombre et gratuitement une éducation de niveau international, dans le cadre de programmes libres d’accès au savoir. Ces programmes sont sans égal en dehors du monde anglophone.
A tout seigneur tout honneur : c’est le MIT qui a pris l’initiative de publier ses cours dès l’an de grâce 2002, dans le cadre de son programme Open Course Ware.
Pendant ce temps, en France, on procrastine…

.

Ainsi donc, la Chine achèvera au XXIe siècle la « mondialisation » telle qu’on la connaît depuis le XXe, c’est-à-dire la connexion économique de l’Est, l’Ouest, le Nord et le Sud -ce qui permettra du même coup d’envisager réellement le monde comme un village global et comme un foyer de civilisation unique (en particulier en termes d’élévation générale de l’Indice de Développement Humain).
La Chine contemporaine est le sujet qu’aborde le
chapitre 1.
Certes, la Chine n’est pas seule dans ce cas, même si elle en est un symbole puissant. Le même exercice pourrait être mené avec les autres BRICS : Brésil, Russie, Inde, [Chine] et Afrique du Sud. Ces cinq-là seront les roues motrices du monde, pour les 150 ans qui arrivent. En ce sens, en 2012, la nomination du nouveau responsable du Parti Communiste Chinois a plus d’importance que l’élection du nouveau président des États-Unis d’Amérique.
Si, si, je vous assure.

.

CHAPITRE 1 :

China: Traditions and Transformations :http://www.extension.harvard.edu/openlearning/hist1825/

China’s future in the light of its past : http://cm.dce.harvard.edu/1999/01/83101/L37/seg1/index_FlashSingleHighBandwidth.html

Perspectives on China : http://athome.harvard.edu/programs/macfarquhar/

.

Certains éléments de prospective sont déjà en émergence  de façon indiscutable, comme la présence non réversible des réseaux numériques, l’accroissement de la population ou la prise en compte du ‘durable’ dans la conception des infrastructures humaines -durable au sens de pérenne : viable à long terme.
C’est le
chapitre 2.
Cette pérennité prendra certainement des formes inédites mais elle sera le fruit de l’imbrication croissante de la population terrestre, à la fois en termes de commerce, d’échange d’idées et de prise de décision à vocation globale. Cela suppose la fin de l’hégémonie occidentale. Mais remarquez bien que cela ne nous promet pas nécessairement un avenir radieux.
En cas de pandémie mortelle, de conflit armé (ou biologique, ou numérique), la pire situation est l’imbrication des parties et, de fait, c’est ce vers quoi nous allons.

.

CHAPITRE 2 :

European Civilization from the Renaissance to the Present : http://www.youtube.com/watch?v=8tgW0qJJ2AU

Why the West rules – for now : http://www.youtube.com/watch?v=nySHr1LmgFE&feature=youtube_gdata

Crowded house : how the world population grew to 7 billions : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=VcSX4ytEfcE

Population connection : http://www.youtube.com/watch?v=9_9SutNmfFk&feature=related

.
Sustainable urbanism :http://www.youtube.com/watch?v=uSjurs4ZnlM

.

Mais d’une façon plus optimiste, nous-nous construisons aussi un monde où la maladie du nationalisme régresse -et c’est un bonne nouvelle. Car dans l’alphabet des guerres depuis 1870, le nationalisme fut le facteur déclencheur de A (Autriche-Hongrie) à Y (Yougoslavie).

Le point de vue de l’ethnologue a ceci de particulier qu’il se place avant tout du point de vue de ceux qu’il observe. Regarder avec les yeux de l’autre, au sens propre et autant que faire se peut. Cela amène bien souvent à voir à quel point le ‘groupe’ écrase la personne et à quel point la ‘personne’ ne sait pas penser sans son groupe. Lorsque la génération du millénaire atteindra l’âge adulte, autour de 2030, leurs parents constateront que l’embrigadement et l’obligation sociale d’appartenir à un groupe ne sont plus la référence pour définir autrui.
Autrui se définira lui-même, merci pour lui; en fonction de ses adhésions volontaires, réfléchies et non définitives. C’est le
chapitre 3.

.

CHAPITRE 3 :

Introduction to Social Anthropology : http://www.youtube.com/watch?v=DF51Ma1Voo4&feature=related

Foundations of Modern Social Theory : http://www.youtube.com/watch?v=hd33BahdAjs

Tous les cours du module ‘SOCY151’ : Fondations de la théorie sociale moderne, par l’université de Yale : http://oyc.yale.edu/sociology/socy-151#sessions

Global Sociology : http://www.youtube.com/watch?v=IO5n84L4K9A

Cultural relativism (ethnocentrism) : http://www.youtube.com/watch?v=-tUYHdtfWn0

.

L’individu autonome peut alors trouver sa place dans le collectif social par l’expression de soi (et non plus par l’intermédiaire des étiquettes que le groupe nous impose) et par la construction d’une identité propre, faite d’une réelle originalité et d’une capacité de (ré)invention affirmée.  (Sur ce sujet, vous trouverez d’autres sources de lectures dans les devoirs de vacance de l’été 2014 )
C’est le
chapitre 4 et cela suppose un modèle éducatif bien différent du nôtre 

.

CHAPITRE 4 :

Thinking and talking about the self : http://www.youtube.com/watch?v=W8invfaRzW8&feature=youtube_gdata

.
.

Comme toujours, vos commentaires sur ces sujets sont les bienvenus !
To be continued…

 

Citation (10) : la puissance des introvertis 4 avril 2012


.

Préconisation n°1 : cessez de croire et de faire croire qu’une  »activité » doit toujours se faire en groupe, dès l’école maternelle et jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Préconisation n°2 : allez en pleine nature, perdez-vous et trouvez-vous. Visitez plus souvent votre propre cerveau.

Préconisation n°3 : introvertis, une fois de temps en temps ouvrez-vous car le monde a besoin de ce que vous portez en vous. Extravertis, une fois de temps en temps prenez le temps d’écouter ce que les autres ont à dire.

.

…………

 

Maslow’s pyramid, hierarchy of needs (and other nonsenses) 1 décembre 2011


.

[Note to the english reader : this is the translation of the french Pyramide de Maslow, théorie des besoins (et autres foutaises), published in August 2010. ]

.

In the second half of the twentieth century, research about organizations shifted its focus from mechanistic explanations towards interactionism. An organization was not understood anymore as a single monolithical ensemble, but rather as a set of various links between several actors, who had each of them their own reasons to be there and take decisions.

Around 1940, research works took hold of the idea of motivation. Abraham Maslow took the question literally and launched a field study that ended up in the theory of needs, better known through its visual form of Maslow’s pyramid of needs.
It stressed the importance of personal views and wills, above or aside formal rules and procedures. It allowed also to develop a dynamic point of view of human relations as opposed to an idle shape dependant of external factors.

It is today one of the best known and most taught model of management, in the whole world.

.

However, the importance of this pyramid in evaluating behaviours is grossly exaggerated because later research works did not found a clue of any hierarchization of values in the interviews led by Maslow and his team. It is Maslow himself who put the values in a specific order, to finally conclude that there was a vertical hierarchy among them.
Furthermore, the scope of people interviewed in 1940 (white, middle-class, before WWII, in the United States) can not allow any generalization beyond this specific population, in time or space.
One can also put under questioning the model itself and especially its alleged universality, as it clearly involves a materialistic outlook on life, as it was generally the case in the United States pre-world war.
According to this model, it wouldn’t be possible to believe in God during disastrous times -like a tsunami, or impossible to achieve a good work with a mediocre salary. Inversely, a rewarding salary does not guarantee a strong motivation to work  (i let you find the examples).

Last point, do our needs have a hierarchical structure ? Does having makes being less important ?
If it was the case the management practices would have never been modified since Ford’s in the XIXth century : pay more to motivate more.
As early as 1959, the work of Frederick Herzberg will have the effect of a torpedo under Maslow’s floatation line. But according to Maslow’s popularity it seems like many, many teachers in the field of management have never read a professional book written since 1959.
Repeat after me : the Hierarchy of Needs is not a valid theoretical model nor is it an operational management tool.

.

Then why is it still taught as a reference ?
One have to reckon that this theory is extremely simple to teach and extremely intuitive. Students in their first college year can fully understand it.
In the context of adults’ training, like in MBAs or in business schools, you are also almost guaranteed that noone will argue against it and -for example- raise the issue of Herzberg’s bifactorial theory.

.

To make a long story short : Maslow is easily taught and easily learned and that’s all.
It’s why we still find him as a prominent scientific validation in many « change management » plans, in Human Resources or in Organization.

Consulting companies are especially avid consumers of simplistic and intuitive theories like this because, first, the consultants themselves learned it in college or in the aforementioned MBAs or business schools and, second, by using the Hierarchy of Needs they won’t call into question the dominant order (who pays them, by the way).
Yet, I am always astonished by the incompetence level that pushes to use Maslow as a foil for serious (ie: unquestionable) thinking, when it’s been 50 years now that the use of the Hierarchy of Needs is a clear sign of professional ignorance within the people who keep their own skills up to date.

.

For another example of management nonsense, please refer (in french) to my other post on the dual brain theory, left and right.

.

 

La tolérance est une résistance à l’amour 6 juillet 2011


.

un article écrit par Steve en anglais et traduit par Yannick en français   (cliquez pour afficher en .pdf)La tolérance est une résistance à l’amour .

Nous sommes tous d’accord pour accorder des vertus positives au concept de tolérance. Sans tolérance pas de vie en société apaisée, ni d’ouverture vers l’autre.
Pourtant cette médaille de vertu a son revers… car pendant que vous tolérez des choses, des gens ou des circonstances qui ne vous plaisent pas totalement, vous maintenez à l’écart de votre vie ce qui est, pour vous, réellement digne d’amour.

Le post original est sur le site de Steve Pavlina : http://www.stevepavlina.com/blog/2008/07/tolerance-is-resistance-to-love/

.

.

 

 

Le cyberpunk est mort 3 mai 2011


un article écrit par Elliot en anglais et traduit par Yannick en français   (cliquez pour afficher en .pdf)Le cyberpunk est mort .

   Punk’s not dead !   Il ne s’agit pas de casser des bouteilles de verre dans la rue, il s’agit d’analyser le phénomène des réseaux sociaux d’après la capacité qu’ils ont (ou pas) à permettre l’épanouissement de courants culturels contestataires de la culture dominante. Ce faisant, on apprendra aussi de quoi est faite cette culture dominante et où se place l’avant-garde aujourd’hui (à savoir : bien davantage dans le punk que dans le cyber).
Le post original est sur le site du CdC : http://w3.cultdeadcow.com/cms/2011/03/cyberpunk-is-dead.html


 

 

 
%d blogueurs aiment cette page :