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Les aventures d'un ethnologue dans le grand monde

Les bonnes manières, dans ta face 17 octobre 2017


On n’est pas loin de la schizophrénie culturelle.

Le déferlement récent de témoignages d’agressions sexuelles situent souvent l’action dans la zone grise qui permet à l’auteur de nier… souvent dans le cadre du travail, qui est pourtant l’un des environnements les plus codifiés, réglementés et contrôlés. La situation actuelle démontre qu’il existe une tolérance pour des actes qui ne relèvent pas directement du pénal. Le problème étant qu’on en arrive ainsi à tolérer des faits que tout l’entourage connaît et, de fait, le silence profite au coupable.

Des briques de base semblent manquer dans la construction des collectifs de travail : si en effet on sait qu’il existe des agresseurs dans nos bureaux et nos usines, qui blâmer de leur impunité ?
Les Directions des Ressources Humaines peuvent bien se regarder le nombril en parlant de management libéré, on aurait préféré qu’elles traitent le problème à la racine depuis bien longtemps, alliées aux Directions Générales et Directions Juridiques.
Par exemple, j’ai eu beau chercher avant de publier cet article, je n’ai rien trouvé chez l’ANDRH.
Pas une déclaration officielle, pas une recommandation, pas de conseil pour transposer la règle de 3 du management, pas un mot, que dalle, nada.
Pourtant, l’article 4121-1 du code du travail n’est pas fait pour les chiens, si j’ose dire.

 

Entre le « bonheur au travail », les Chief Happiness Officers; #MeToo et #balanceTonPorc peut-être faut-il reprendre les choses dans le bon ordre.

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Cher(e)s collègues, homme ou femme, blanc, noir ou bleu turquoise 
-j’assimile sexisme et racisme, pour bien situer mon propos- 
on se fréquente en entreprise pour bosser ensemble, mais parfois le fait d’être collègues ne permet pas d’aller très loin dans la confidence. Après tout, on n’est « que » collègues.
Oui… mais non. Le soutien mutuel quand ça part en vrille est le fondement de notre relation, en tant qu’êtres humains. Commencez par ne plus vous taire. Commencez par compter sur mon soutien.
Je fais partie des personnes qui peuvent vous servir d’oreille attentive. Pour commencer.
Les collègues finalement, ça sert aussi à ça.
Parlez, gueulez ou chuchotez, mais allez-y, crachez le morceau.
L’enfoiré(e) c’est l’autre et c’est l’autre qui a quelque chose à se reprocher, même ou surtout si ça s’est produit sans témoin.
Pour défendre une de ses copines, l’actrice Carrie Fisher avait déposé elle-même un paquet sur le bureau d’un type qui se sentait autorisé à coller ses collègues de près.
« Si tu touches encore une femme, je ferai un paquet plus petit avec quelque chose à toi dedans. » Le paquet de Carrie contenait une langue de bœuf.

Rien ne justifie l’agression, la brimade ou l’insinuation à caractère sexuel ou raciste. Rien n’implique de ne pas riposter si on vous l’inflige. Rien n’implique de ne pas demander du renfort pour riposter.
Ce n’est plus open bar. Fini. Terminé.
Si besoin vous aurez ma protection physique.

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Inversement… si on se fréquente et que tu es dans le camp des enfoiré(e)s, quelque soit ton nom ou ton rang, lorsque je le saurai n’attends de moi aucune indulgence, aucune pitié ni aucune discrétion.

 

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Lectures du soir 3 mai 2017


 

La pensée scientifique illustrée 16 mars 2017


Sur l’image présentée ici et que vous avez sans doute déjà vu -en particulier sur le réseau Linkedin-, il y a un non-dit que je trouve intéressant de questionner.
A priori, le dessin laisse entendre que des points de vue différents sont une situation normale, dans la mesure où c’est la réalité elle-même qui génère l’incompréhension. Le respect que l’on doit à autrui impose de ne pas le forcer à adopter notre point de vue.
Ainsi donc, tout étant relatif, il ne sert à rien de s’attarder sur les points de divergence  et l’ultime conséquence en serait l’impossibilité collective à trouver un terrain d’entente.
Chacun peut donc repartir avec son propre point de vue sans jamais atteindre aucun accord avec les autres.
Après tout comme le suggère le dessin dans ce cas précis tout le monde a raison en même temps, n’est-ce pas ?
En l’occurrence non.
Ce que ce dessin laisse entendre c’est qu’il est préférable d’abandonner la recherche de la vérité plutôt que de reconnaître qu’on a collectivement tort. Ce que ce dessin laisse entendre c’est que si la réalité n’est pas exactement conforme à vos manières de voir, vous pouvez renoncer à la réalité et persister dans l’ignorance.
Ce que ce dessin laisse entendre, finalement, c’est que si la manière de voir d’autrui n’est pas exactement conforme à vos manières de voir, l’unique solution pour parvenir à un terrain d’entente consiste à forcer autrui à accepter votre point de vue. Tordez lui le bras, envahissez son pays, manipulez les faits.
De ce point de vue, le relativisme est un motif d’abandon du processus de recherche de vérité.
C’est un renoncement à construire une interprétation collective de la réalité qui soit viable.

Car ce n’est pas « la réalité » qui génère de l’incompréhension, c’est son interprétation. Les faits, eux, sont univoques et c’est la première difficulté : établir les faits de manière incontestable. Pour cela on a inventé et raffiné depuis trois siècles la revue par les pairs (peer review) qui est un outil redoutable d’efficacité. La seconde difficulté consiste à faire tenir ensemble ces faits exacts et une interprétation collectivement acceptée : les anthropologues appellent cela la construction sociale de la réalité.

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Le respect mutuel n’implique pas en effet qu’on doive rester dans un état d’ignorance.
La recherche de la vérité n’implique pas non plus qu’on cesse de se respecter mutuellement.

Les deux personnes sur l’image pourraient s’adresser à un tiers de confiance qui a déjà travaillé le problème et trouvé une solution qui fait référence.
Ou ils pourraient prendre de la hauteur pour vérifier si ce signe sur le sol n’a pas été tracé pour être vu à partir d’un endroit spécifique.
Ou ils pourraient observer la population locale et vérifier quelle est la valeur de ce signe dans le contexte social local.
Ou ils pourraient convenir d’une expérience qui permette de définir les faits, de les interpréter pour déterminer s’il s’agit d’un 6 ou d’un 9 et rendre leurs résultats publics pour qu’une revue par les pairs valide leur conclusion.
Ou mener les quatre vérifications successivement.

C’est cela la pensée scientifique !

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Les 15 possessions de James Altucher 31 décembre 2016


[Un article du New York Times a attiré mon attention et depuis plusieurs mois que j’y pense, je ne peux m’empêcher d’être marqué par la description d’un contexte occidental qui nous est à tous extrêmement familier, mais en même temps qui génère un mode de vie vraiment particulier au niveau individuel. Avant-garde ou marginalité, il n’est pas question de porter un jugement sur James Altucher, par contre il est intéressant de travailler sur les facteurs qui ont pu générer sa vision si singulière de l’existence. Car  des millions d’autres personnes dans le même contexte socioculturel ne développent pas du tout ce paysage mental, cet ethnoscape (comme dirait Arjun Appadurai). Une chose est sûre cependant, l’écart de vision du monde entre l’immense majorité de la population et James Altucher nous place presque en situation d’ethnologie du proche… Je reproduis l’article d’août 2016 ici, in french. ]

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« James Altucher est probablement le plus improbable des gourous du succès. Il est environ 10 heures en ce matin ensoleillé et il emballe dans un sac tout ce qu’il possède au monde : 15 objets.

Si je meurs, mes enfants auront ce sac en héritage,” dit monsieur Altucher ironiquement, alors qu’il range son ordinateur portable, un iPad, trois pantalons chino, trois tee-shirts et un sac de james-altuchercongélation contenant 4.000 dollars en billets de deux dollars. “Les gens se souviennent bien de vous quand vous laissez des pourboires de deux dollars” dit-il, en quittant le loft d’un ami situé à East 20th Street.

Il y a quelques mois, le garçon de 48 ans a laissé expirer le bail locatif de son appartement à Cold spring, New York et il a jeté ou donné quasiment toutes ses possessions, plus de 40 sacs poubelle de linge, vaisselle, vêtements, livres, diplômes universitaires et même d’albums photos de son enfance. Depuis lors, il rebondit de locations Air B’n’B en appartements d’amis.

Ce n’est pas qu’il ait manqué de chance. Plusieurs de ses 16 livres se vendent extrêmement bien, y compris son manifeste de développement personnel écrit en 2013 “Choose Yourself”. Ses podcasts hebdomadaires “The James Altucher Show,” proposent des interviews avec des personnalités aussi diverses que Ron Paul ou Luther Campbell du groupe 2 Live Crew. Sa série quotidienne “Question of the Day,” avec Stephen Dubner est téléchargée à peu près deux millions de fois par mois.

M. Altucher est simplement quelqu’un qui met en pratique ce qu’il prêche. Ces cinq dernières années, cet ancien entrepreneur de l’internet, investisseur et conseiller en finance s’est réinventé en gourou du développement personnel et du self-help. Il prêche la survie à une époque où le rêve américain ressemble à une escroquerie qui se résume à un diplôme encadré au mur, un bureau en étage élevé et une maison avec trois chambres. Alors il s’en est séparé, un élément à la fois.

J’ai une ambition,” dit-il, “c’est de ne pas avoir d’ambition.”

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Ces 25 dernières années le revenu moyen a diminué pour les 18-35 ans, l’endettement des étudiants a explosé” commente-t’il. “Nous avons distribué trois milliards de milliards de dollars de sauvetage pour les banques et les inégalités de revenu ont augmenté comme jamais. Les gens sentent qu’ils se sont bien fait avoir.”

Le diagnostic de James Altucher n’est pas une surprise pour la classe moyenne anxieuse, pour les dépossédés, qui ont propulsé très loin les populismes de Bernie Sanders et Donald Trump. Mais alors qu’il n’y a pas pénurie de colère et de confusion sur l’effondrement supposé du Rêve Américain, ce qui fait la particularité de monsieur Altucher est la conclusion qu’il en retire.

L’université dit-il, est une perte d’argent. Bien qu’il soit lui-même diplômé de Cornell, M. Altucher affirme que le diplôme universitaire est devenu un luxe dans un monde où les enfants nés au tournant du XXIe siècle se sentent comme des esclaves de crédits qu’ils ont contracté pour financer leurs études tout en ne pouvant pas trouver de premier emploi ensuite, non pour gagner leur vie mais pour rembourser leurs dettes. Dans un livre en auto-édition publié en 2012, (40 Alternatives to College) il argumente que les jeunes adultes pourraient parcourir le monde, s’éduquer sur internet par eux-mêmes et démarrer un business avec les mêmes 200.000 dollars qui leur servent à payer la fac. (NDT : aux Etats-Unis le college est l’équivalent de notre université. Notre collège français est appelé High school)

Investir cet argent à un taux d’intérêt de 5% offrirait un meilleur bénéfice à l’échelle d’une vie, écrivait-il dans un article en 2010 intitulé N’envoyez pas vos gamins à l’université.

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james-altucherIl argumente similairement que la propriété immobilière est une confiscation au profit d’une industrie du crédit qui pèse 14 milliards de milliards de dollars. C’est une arnaque complète,” dit-il dans une interview. “Personne ne devrait mettre plus de 5 ou 10% de son patrimoine dans un seul investissement. Mais lorsque les gens achètent de l’immobilier ils perdent toute prudence. Ils mettent 50, 60 ou 70% de leur richesse dans un seul objet. C’est du patrimoine illiquide et lorsque les temps deviennent durs, vous ne pouvez pas le vendre.”

Et il pense que l’investissement en bourse est un racket. Cette vision du monde est ancrée dans des expériences personnelles qui font ressembler sa vie à des montagnes russes, des expériences qui ont profondément influencé sa vision du monde. Dans les années 1990 alors qu’il était un magicien dans la Silicon Valley, James altucher gagnait des millions avec son entreprise de design web Reset, Inc. Il avait pour clients Sony ou Miramax. Bientôt, lui et sa femme Anne (dont il divorce en 2010) aquièrent un loft de 460m² à TriBeCa, acheté 1,8 millions et rénové pour 1 million de plus. Il était assez aisé à cette époque pour aller jouer au poker à Atlantic City en hélicoptère.

Ce mode de vie prodigue ne remplissait cependant pas son vide émotionnel. “Personne ne devrait se sentir désolé pour moi. J’étais vraiment stupide, mais je pensais que j’étais pauvre. Je pensais que j’avais besoin de 100 millions pour pouvoir être heureux, alors j’ai commencé à investir dans plein d’autres entreprises qui se sont avérées aussi nulles que moi. Aucun de ces investissements n’a fonctionné.”

Alors que sa bonne fortune s’effondrait, il fut obligé de revendre son appartement avec une perte d’un million, après les attaques du 11 septembre 2001. Pour remplumer son patrimoine, il misa sur le marché boursier. Il lut plus d’une centaine de livres sur l’investissement et finit par décrocher un travail pour écrire sur le site de James Cramer, TheStreet, et plus tard pour le Financial Times. Très vite, son crédo devint sa marque de fabrique et il travailla aussi pour CNBC.

Mais la chance tourna à nouveau quand commença la crise financière de 2008. Le hedge fund qu’il dirigeait fut fermé, des start ups où il avait investi firent faillite, plus personne ne lui demanda d’écrire d’article. Les options n’étaient plus si nombreuses et il choisit alors de raconter ses déboires sur son blog personnel Altucher Confidential. J’ai juste dit ‘J’ai fait toutes les erreurs possibles et imaginables, voici comment ça s’est passé’ ” A ses amis du secteur de la finance, il ressemblait à Howard Beale, l’homme-clé de l’émission Network, celui qui s’est effondré en direct .

Au lieu de recommander les derniers fonds spéculatifs à la mode, il écrivit des articles comme 10 raisons pour ne plus jamais posséder d’actions (la première étant que vous n’êtes pas bon pour les choisir). Il avoua des pensées suicidaires. Pour le monde de la finance, c’était comme regarder un accident de train en direct,” commente M. Altucher. “Des gens à qui je n’avais pas parlé depuis le collège m’appelaient pour demander si j’allais bien. ”

Il découvrit alors que plein de gens avaient vu leurs rêves partir dans le siphon de la crise. Eux aussi cherchaient une sortie de secours. “La recherche n°1 sur Google qui amène les internautes vers mon blog c’est ‘Je veux mourir’ ”.

Mais James Altucher ne semble pas la meilleure personne vers qui chercher du réconfort. Très contrarien, livresque et avec un phrasé saccadé, ce geek maigre du New Jersey est comme un anti-Anthony Robbins, la brillante étoile du self-help et du développement personnel. Son style de gars normal s’est pourtant avéré être un avantage pour créer une communauté de followers importante sur le thème du gagner un peu-perdre un peu et de “piratages d’existence”.

Il y avait le régime de 17 heures, où l’on ne mange plus rien après cette heure ; ou encore le truc de l’alien contre l’anxiété où il prétend être un extraterrestre qui se réveille chaque matin dans un nouveau corps, dans un nouveau monde. “Je n’ai plus de soucis puisque demain j’aurai un nouveau corps. Pas d’envie, pas de souci. Seulement de nouvelles choses à explorer.”

De manière candide, en écrivant sur ses triomphes et ses échecs, M. Altucher montre à ses lecteurs “comment réussir malgré leurs défauts, pas en n’ayant aucun défaut” commente Tim Ferriss, l’auteur du célèbre livre La semaine de 4 heures . “C’est très rafraîchissant, dans un monde où tous les gourous sont positifs et affichent des sourires forcés tout en congratulant des gens qu’ils ne connaissent pas.” Mais le ton positif de M. Altucher a quand même bien aidé, malgré ses points de vue piquants sur des sujets comme l’université. “Je suis un optimiste,” dit il. “Il y a une nouvelle publiée dans les années 1960 par Richard Fariña, intitulée J’ai si souvent été en bas que ça ressemble à être en haut pour moi. Fondamentalement, je suis tombé au sol tellement de fois, maintenant je sais qu’on peut toujours rebondir et chaque fois plus rapidement.”

Cette philosophie est très clairement exposée dans son ouvrage “Choose Yourself,” qu’il a résumé pendant un repas de cette manière : “Si vous ne choisissez pas la vie que vous voulez mener, il y a de grandes chances pour que quelqu’un d’autre choisisse à votre place. Et le résultat en général n’est pas beau à voir.” Certains chapitres s’appellent Comment être moins stupide (“Je perds 20% d’intelligence lorsque j’éprouve du ressentiment”) et Les sept habitudes des gens hautement médiocres (la procrastination, écrit-il, “est votre corps criant que vous devriez vous poser pour réfléchir à ce que vous faites”).

Un élément clé du livre est la Pratique Quotidienne , qui est une suite d’exercices de bien-être appliqués au physique, à l’émotionnel, au mental et au spirituel. Il appelle cela les quatre piliers du bonheur, parce que “une chaise a besoin de quatre pieds pour être stable. ”Et il n’y a jamais eu de meilleur moment pour se choisir soi-même (NDT : Choose yourself, le titre du livre en anglais).

Pas besoin d’être Mark Zuckerberg, dit-il, pour s’affirmer comme entrepreneur. « Vous pouvez apprendre les bases du développement web, vous pouvez rejoindre Codeacademy.com, savoir l’essentiel pour démarrer en trois mois, puis vendre votre savoir-faire sur Freelancer.com, où vous trouverez des millions de jobs. Je connais des gens de 15 ans qui se font quelques milliers de dollars par mois.

Grâce à l’auto-édition vous n’avez pas non plus besoin de vous appeler Deepak Choprah pour vendre vos livres (et encore moins pour les écrire). “Tout le monde peut être expert dans un domaine. Moi par exemple : je n’ai pas été actif dans une cuisine depuis 20 ans. Je déteste le végan. Mais ça ne serait pas difficile de lire 50 livres sur le véganisme, trouver les ingrédients fondamentaux et écrire un livre intitulé Recettes végan pour les non-végan.

Lui il sait. “Choose Yourself,” qu’il a auto-édité sur Amazon s’est vendu à plus de 500.000 exemplaires et est entré dans la liste des best sellers du Wall Street Journal.

Ses fans ne jurent que par lui. L’un d’eux, a récemment écrit un essai sur Medium décrivant à quel point il l’avait inspiré pour quitter son travail frustrant et lancer son propre business NomadFly.me . “Maintenant je danse en sous-vêtements », clame-t’il. « Je n’ai plus jamais eu d’attaque de panique. »

A talk he gave at a London church last year drew about 1,000 people, and fans have organized “Choose Yourself” meetups in cities around the world. On LinkedIn, where he publishes original free essays, Mr. Altucher has more than 485,000 followers and is ranked the No. 4 “influencer,” after Bill Gates, Richard Branson and Mohamed A. El-Erian, the financier and author.

Il est le Oprah Winfrey de l’internet,” dit Kamal Ravikant, un entrepreneur qui a auto-publié son propre best seller : “Love Yourself Like Your Life Depends on It.”

Mais contrairement à la plupart des gourous, “James est dans un voyage très personnel, en permettant à ses lecteurs et auditeurs de le rencontrer et de suivre ses pérégrinations en temps réel,” dit Brian Koppelman. “Il vous raconte un projet le samedi et le dimanche il vous dira comment ça s’est fini en échec. Puis le lundi il annonce qu’il va recommencer d’une autre manière.”

M. Altucher, en fait, réfute totalement l’idée d’être un gourou. Mes conseils sont mon autobiographie. Je dis ce qui a bien fonctionné pour moi, pour que d’autres puissent choisir d’essayer à leur tour ou pas.”

Qui plus est, ce qui fonctionnait hier n’est jamais garanti de fonctionner demain.

C’est comme Mike Tyson dit-il, Tout le monde a un plan, jusqu’à ce qu’il se prenne le premier coup en pleine face.

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« Le voyageur heureux voyage léger » pourrait être la devise de James Altucher, s’il n’avait pas appris à se méfier des fausses promesses de bonheur du Rêve Américain.

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Citation (23) : histoire des pouvoirs 15 janvier 2016


Dans son ouvrage  Conjurer la peur   Editions Seuil, 2013, l’historien Patrick Boucheron raconte la résistance à la tyrannie des habitants de Sienne en 1338. Cette ville à l’époque a des traits bizarrement communs avec l’Europe du début du XXIe siècle : des banques chargées de dettes, une population apeurée qui cherche une solution pour éviter de disparaître avec pertes et fracas.

Pour son entrée au Collège de France le 17 décembre 2015, à la chaire d’Histoire des pouvoirs, il a donné un discours magistral non pas sur une région du monde lointaine, à une époque oubliée… non, Patrick Boucheron a révélé ce que l’histoire peut apporter au présent et aussi à l’avenir.
Un tel propos qui s’affirme un mois après l’attaque à l’arme automatique dans les rues de Paris est un défi lourd de sens, à commencer par la référence à la médaille datée de 1581 qui porte les mots latins Fluctuat Nec Mergitur.
On pourrait aussi citer un autre auteur fameux : « Toute politique qui porte en elle un principe de division finit par favoriser l’essor du racisme, dont la forme ultime est le génocide. » Jean-Loup Amselle : Branchements. Anthropologie de l’universalité des cultures. Ed. Flammarion, 2001.
Car l’histoire des pouvoirs c’est aussi cela : l’histoire des dominations, le renouvellement des « idéologies de la séparation» … et la résistance qu’on peut leur opposer.
Voir sur ce sujet : L’Exercice de la peur. Usages politiques d’une émotion, Presses Universitaires de Lyon, 2015.
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L’avenir est toujours incertain et le pire toujours possible, comme dans l’Italie du XIVe siècle et comme à bien d’autres occasions tout au long de l’Histoire passée et à venir. De ce point de vue la référence au fascisme religieux du 13 novembre 2015 ne doit pas nous abuser : les dominations sont inscrites dans le principe social et dans l’existence même de l’État, quel qu’il soit. Il n’est qu’à lire les statistiques économiques pour comprendre qu’une domination n’est pas nécessairement physiquement violente ni très spectaculaire. Il suffit qu’elle soit.
L’historien invite donc chacun d’entre nous à « se mettre en travers de cette catastrophe lente à venir, qui est de continuation davantage que de soudaine rupture. » 
D’ailleurs ce n’est pas qu’une invitation, c’est une inspiration, comme quelqu’un qui vous pousse en avant en criant Vas-y, monte le son !
Défiant, irrévérencieux, méticuleux.

La rage d’espérer. L’idée fondamentale est de « se prémunir de la violence du dire » . Cesser d’être dominé par ce qui s’impose à nous, à commencer par la voix des autres : bavardage incessant ou silence apeuré.
Prendre le temps de construire sa propre idée. Laisser reposer jusqu’à ce que l’écume de surface ait disparu. Construire sa propre idée pour parvenir à avoir une voix individuelle.
…et lorsque cela se fait, de petites lumières s’allument : des promesses d’avenir.

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Les cours de Patrick Boucheron seront intitulés cette année : Souvenirs, fictions, croyances. Le long Moyen Âge d’Ambroise de Milan, le lundi à 11h00 à partir du 4 janvier 2016. Ses séminaires débuteront le 12 avril sous le titre, Les effets de la modernité : expériences historiographiques.
Comme d’habitude dans la vénérable institution, tout est gratuit et sans inscription, sous réserve de places disponibles.
L’ensemble sera ensuite disponible sur le site du CdF : http://www.college-de-France.fr

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Un lieu pour innover (et autres foutaises) 9 octobre 2015


L’un des défis les plus difficiles et les plus motivants dans notre métier concerne les modifications qu’on peut apporter à la culture d’une organisation.
L’ethnologue doit se retenir de répondre instinctivement que c’est impossible et qu’il vaut mieux s’attaquer au préjugé qu’un collectif de travail ne peut pas faire telle ou telle chose, ni atteindre tel ou tel résultat
Car on ne peut pas changer de culture, on peut seulement s’appuyer sur elle, quelle qu’elle soit. Ce serait sinon comme le navigateur qui cherche à traverser l’Atlantique mais, avant, il souhaiterait qu’on lui change l’océan.
Il faut donc reformuler la demande pour comprendre dans 95% des cas qu’il s’agit d’une demande pour modifier les comportements et non pas la culture.

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Un angle d’attaque pertinent consiste à proposer de changer les manières de faire et les comportements professionnels. squareWheels
Le discours ambiant déplore que telle grande entreprise ou telle PME manque d’atouts face à la concurrence, ou que tel service public manque d’efficacité… et chacun d’avancer des exemples d’organisations comparables qui font mieux, plus vite et en dépensant moins d’argent (parfois). Si vous constatez vous aussi que votre chariot a des roues carrées, c’est sans doute que vous ne fréquentez pas assez de concepteurs de chariots, ou de transporteurs qui pourraient vous prouver que des roues carrées ce n’est pas le sommet de votre art. Cette notion d’aller se frotter à son propre contexte socio-économique n’est pas nouvelle. Henry Mintzberg déjà en 1982 en parle en filigrane de son ouvrage Structure et dynamique des organisations (que vous finirez par connaître par cœur si vous me subissez en cours de fac). L’idée maîtresse est qu’il n’y a pas un unique modèle d’organisation parfait. Il y a par contre des modèles d’organisation qui correspondent à des contextes. Donc plus vous avez d’échanges avec votre milieu professionnel (votre écosystème), plus vous en retirerez de bonnes idées pour être meilleur dans votre activité.

Dans cet élan qui vise à augmenter les échanges entre une organisation et son secteur économique, une option qui a fleuri ces dernières années prend la forme d’ateliers d’innovation ouverte (open innovation); des lieux dédiés à la conception de prototypes et à l’expérimentation (les FabLab); ou la mise à disposition de ‘hangars’ câblés en très haut débit pour abriter des événements de type hackathon ou guerilla commerciale.

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Cette volonté de libérer les énergies et les initiatives est une bonne chose –si elle est soutenue au quotidien par des procédures opérationnelles non seulement qui les acceptent, mais qui les valorisent dans la durée, de façon tellement habituelle que ça devient normal pour tout le monde. Alors, et alors seulement, l’utilisation d’un lieu spécifique pourra se révéler utile pour condenser des comportements déjà présents par ailleurs.

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000149582Mais croire que l’usage d’un lieu aura une influence sur des comportements relève quasiment de la pensée magique (surtout dès que tout le monde aura regagné son site de travail habituel).
Car le hangar du hackathon, le FabLab en plein centre-ville ou l’atelier semi-artisanal d’Open Innovation ne sont pas de l’innovation, ce sont des endroits !
Le problème du « lieu pour innover » vient du fait que beaucoup d’entreprises imaginent qu’il leur faut leur Fab Lab pour pouvoir revenir sur un pied d’égalité avec la concurrence.
L’influence d’un lieu et de son aménagement ne sont pas sans effet sur les pratiques de socialisation, bien entendu, mais les pratiques de socialisation ne seront pas modifiées durablement par un événement ponctuel, en dehors du temps où l’événement se déroule et pour la seule équipe qui y prend part…
Cette tendance  à créer des lieux qui favorisent l’innovation est stérile car elle n’atteint pas les comportements métier qui permettent :
-la coordination directe,
-les processus rapides de décision,
-et les réalisations au sens large. Or ce sont ces trois éléments que cherchent à renforcer toutes les politiques de compétitivité par l’innovation.

On trouve ces éléments dans les organisations où l’innovation est gérée comme une routine, comme chez Facebook, Deloitte, Kréon ou le ministère français des Finances (si, si).
C’est de cette manière que l’organisation permet l’innovation ordinaire, plutôt que de considérer chaque nouvelle idée avec hébétude, sans savoir qu’en faire… ou en imaginant que si elle est incapable de les générer elle-même elle pourra les trouver dans un lieu spécifique comme si c’était les Objets Trouvés.
Car ce n’est pas l’événement ponctuel qui va insuffler comme par miracle une culture de l’innovation dans votre entreprise ou dans votre administration. De ce point de vue, la mise en œuvre de méthodes comme l’Agile et le Lean permettent de tailler dans le gras et recentrer les procédures et les méthodes sur le cœur de métier en supprimant le superflu.
C’est là-dedans que se loge votre capacité à être compétitifs et à innover, c’est donc là que devraient porter vos efforts. Il s’ensuivra un écoulement plus libre des initiatives dans la chaîne de décision.
Une chaîne de décision reste nécessaire, bien sûr. Ce n’est pas parce qu’une idée est nouvelle qu’elle est bonne ou immédiatement exploitable. Il faut bien parvenir à la valider d’une manière ou d’une autre. Bien souvent, une nouveauté doit être envisagée sous plusieurs angles de faisabilité technique, de pertinence financière et d’utilité réelle pour le client-utilisateur-usager. Et éventuellement, c’est à la fin de cet examen de validation que certaines idées pourront se retrouver livrées en pâture à des informaticiens au cours d’un hackathon. Mais le hackhathon n’est pas obligatoire pour innover.Hackathon 2

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Les micro-événements quotidiens et les différentes façons d’y réagir définissent la réalité d’un collectif de travail avec plus de fermeté que les discours officiels qui abordent le sujet de la culture d’entreprise, sous le contrôle du département Marketing.
J’ai souvent appris plus de choses sur les valeurs et les normes tacites de comportement en observant les pauses-café, la déco personnelle dans les bureaux et les discussions d’après réunion qu’en lisant les infos officielles publiées dans l’intranet et les « Mot du Directeur ». Ce genre d’observation permet de comprendre à quel point les valeurs officielles sont en cohérence avec les comportements quotidiens (ou pas).
Or cette cohérence n’est pas le fait des membres individuels mais des politiques internes comme celle des Ressources Humaines (qui est promu, qui ne l’est pas ?), de management (comment est valorisé le travail collectif ?) et d’attribution des budgets (en combien une ‘bonne idée’ se voit attribuer un budget crédible ?).

Ensuite s’il vous faut un lieu pour innover… vous pouvez aussi bien emmener vos équipes dans le parking au sous-sol parce que de toute façon, répétez après moi : pour innover, la culture importe plus que le lieu.
En effet, une culture est tacite dans sa plus grande partie car non matérielle. La culture c’est du symbole.
Cet ensemble de non-dits et d’évidences a été façonné patiemment, jour après jour après jour, grâce à (ou à cause de) la succession des générations de personnes qui se sont permis ou interdit des comportements en phase avec les symboles dominants.
Et le lieu n’avait pas grand chose à y voir parce que, dans la fabrique quotidienne des symboles, on trouve une imbrication très serrée de fils qui produisent les comportements habituels dans une organisation, à un moment donné de son histoire, des comportements typiques qui rendent cette organisation unique.
Et s’il vous faut un levier pour favoriser la nouveauté, le renouvellement et l’agilité collective, c’est sur les comportements que vous devez agir, sur les gestes métier du quotidien qui permettent (ou pas) :
-la coordination directe,
-les processus rapides de décision,
-et les réalisations au sens large.

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C’est ici que commence le vrai changement culturel pour permettre à votre organisation / entreprise / administration d’être en adéquation avec son contexte d’action. Car on peut bien se moquer des roues carrées et des mammouths… mais qu’est ce qui rend une organisation mammouth-esque ? Qui produit les fils du tissu social ? Ce ne sont pas ses membres individuels avec leur maigre marge de négociation ; ce sont sont les stratégies votées en Conseil d’Administration.
Si le fonctionnement quotidien ne semble pas adapté à l’écosystème, c’est probablement parce que jusque-là, la stratégie en a décidé autrement.
Mais quels efforts sont faits aujourd’hui pour préparer demain ? Quels comportements professionnels les politiques internes de l’entreprise favorisent elles ?
La réponse se décline moins en initiatives individuelles qu’en éléments qui vont les orienter et  les soutenir : budgets de Recherche et Développement, exemplarité du management, renouvellement des outils de production, programmes de formation et j’en passe.
Toutes choses qui servent à préparer l’avenir et faire en sorte que votre organisation existera encore après-demain, forte et prête à imiter des figures symboliques qui lui ressemblent.

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Pour d’autres exemples de foutaises managériales, je vous invite à lire ces articles sur la théorie des besoins de Maslow ou la théorie des deux cerveaux ou la loi des tocards.  C’est une série. Il y en aura d’autres, je le crains…
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Un lieu pour apprendre 23 septembre 2015


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Fermé depuis 2009 parce qu’il tombait presque en ruines, le musée de l’Homme ouvre de nouveau ses portes le 17 octobre 2015.

C’est davantage qu’un musée car dès sa fondation en 1937 il est associé à un centre de recherches vigoureux et de classe internationale.
Les collections sont donc réellement utilisées pour la recherche et l’étude. Ce n’est pas fréquent, même ailleurs qu’en France et c’est bien autre chose qu’une collection pompeuse de gens morts et d’objets dévitalisés, comme au musée du quai Branly qui a confisqué une très grande part des collections ethnologiques françaises.

Ce signe d’ouverture sur le monde et cette volonté d’utilité se remarquent d’abord parce que la lumière naturelle inonde l’intérieur… pour un musée, ce n’est pas rien ! Ce travail de mise en valeur est le résultat d’une coopération remarquable entre agences d’architectes (brochet-lajus-pueyo) et de scénographie-muséographie (Zen+Dco).

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De fait le musée de l’Homme présente d’abord des collections d’anthropologie physique : squelette d’homme de Cro-Magnon (28.000 ans) ou crâne de René Descartes (le vrai !).
Avec cet inventaire physique il s’agit de montrer (et étudier) ce qui fait notre histoire depuis la bifurcation entre le singe et le proto-humain.
Nous somme d’abord des êtres biologiques et c’est l’évolution de notre corps qui a permis ce que nous sommes aujourd’hui. Par la bipédie, l’allongement du pouce, le raccourcissement des canines, la structuration fine des cordes vocales, le développement du cerveau. Tout cela a permis notre survie (d’abord) et l’invention de la sonde interplanétaire (ensuite).
D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? La réponse à ces trois questions et des possibilités qu’elles impliquent se trouve d’abord dans notre description anatomique.

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L’intérêt du lieu réside aussi dans le fait qu’il affirme l’unité de l’Homme, par sa simple existence. Les variations physiques humaines ne sont en aucun cas un indicateur de nos capacités culturelles ou intellectuelles. Depuis le Paléolithique supérieur (-45.000 ans) n’importe quel enfant humain de 6 ans a les capacités mentales et physiques pour suivre une scolarité en école primaire et au-delà. Et inversement, un enfant scolarisé en primaire aujourd’hui peut très bien apprendre à tailler un silex biface ou à projeter des étincelles sur de l’écorce sèche.
Parce qu’au-delà de notre anatomie, nous avons développé un rapport au monde dont le premier intermédiaire est la technologie. Partout, tout le temps, l’être humain conçoit, fabrique et utilise des outils.
Les races humaines n’existent pas; il y a une espèce humaine.
La précision du vocabulaire est importante parce que race et espèce ne désignent pas les mêmes réalités… et « Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde » comme disait Albert Camus.
Alors venez au musée, apprenez à nommer la réalité. Parce que l’histoire humaine n’est pas un truc de vieux cons.

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Musée de l’Homme, 17 place du Trocadéro, Paris.

 

mh

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