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Les aventures d'un ethnologue dans le grand monde

Comment se planter en grand 17 mars 2014


Reconnaissons-le, il nous arrive à tous de faire des erreurs.
Errare humanum est, comme disait l’autre.

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On se plante, on se goure, on foire les choses, on se vautre… et si ça ne vous est jamais arrivé, alors c’est que vous mentez (en plus de foirer les choses sans vouloir l’admettre).
Admettez donc qu’il vous arrive de faire des erreurs et si cela vous donne des sueurs, dites-vous que ça pourrait être pire. Pensez à la bataille de Karansebeş en Roumanie, où, selon la légende, l’armée autrichienne de l’empereur Joseph II à la recherche de l’armée ottomane s’est attaquée elle-même et a perdu 10.000 hommes dans la nuit du 17 au 18 septembre 1788. .

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Dans l’absolu (et votre intégrité physique mise à part), si vous avez peur de faire des erreurs c’est que vous baignez dans un environnement social / professionnel / familial qui assimile l’échec à la faute.
Ce genre d’environnement nous inculque qu’il faut tout savoir, qu’il faut tout réussir, car se tromper c’est mal.
Faire des erreurs c’est être mauvais. Or bien entendu faire des erreurs relève du faire, pas de l’être.
L’école et le système éducatif en général sont les courroies de transmission majeures de ce genre de valeurs très contreproductives.

C’est particulièrement pernicieux car cela pousse non seulement à refuser la prise de risque, mais cela incite également à cacher nos échecs pour éviter la vindicte publique puis en plus à rejeter nos erreurs sur autrui.
Soyez attentif à votre environnement immédiat : quelle est la réaction normale face à l’échec de quelqu’un ? Moquerie ou main tendue ? Les valeurs sociales dominantes font-elles ressortir la cohésion du groupe, ou la mise à l’écart d’un membre  »fautif » ?
Notez bien que si vous recevez de l’aide après avoir fait une bourde, ça n’empêche pas de se faire sévèrement engueuler… ce qui est somme toute normal puisque par définition on ne voulait pas que ça arrive. Seulement voilà, ça arrive. Depuis l’apparition des organismes multicellulaires, la Loi de Murphy  s’applique à tout le monde et il n’y a pas de raison que vous en soyez exempt…

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Je suis fermement persuadé que notre existence est définie par certains moments particulièrement intenses qui modèlent notre personnalité profonde pour le reste de la vie. Ce sont ces moments de totale vulnérabilité qui nous définissent et c’est ce qui les rend aussi effrayants. Mais savoir se tenir fermement dans un moment où l’on est vulnérable est aussi un apprentissage. Se relever d’un échec ça s’apprend.
Et puisque ce n’est pas l’école qui nous l’apprend, bien souvent c’est la vie elle-même. La vraie vie. Celle qui oblige à être modeste. Appelons ça l’expérience du monde râpeux.   …pensez donc à l’empereur Joseph II au matin du 18 septembre 1788. Pour éviter d’avoir la même tête que lui au petit matin, vous pourriez aussi vous entraîner vraiment et vous mettre volontairement en position de faire des erreurs sur des sujets sans grand enjeu. Il ne s’agit pas ici de faire des erreurs exprès, mais d’apprendre à réagir vite et bien quand on en a fait une.
C’est au travers de ces expériences de l’échec que nous pouvons apprendre à tenir bon et à nous comporter de façon aussi honorable et constructive que possible. C’est de là que viendra notre courage de le faire encore et encore. Et encore. Et encore.

Car après tout, le problème n’est pas de tomber sept fois : c’est de se relever huit.

."Pas de risque, pas de récompense"

Bref. Que vous le vouliez ou non de toute manière, vous-vous planterez. C’est ce que vous faites juste après qui définit votre personnalité.

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    1. Reconnaissez votre responsabilité. Même si ce n’est pas réellement et entièrement votre erreur, un caractère bien trempé ne se défausse pas et peut encaisser les conséquences. C’est tout spécialement vrai lorsque vous êtes chef d’équipe, capitaine de navire ou responsable à divers titres de quelques personnes de divers statuts   -comme père ou mère par exemple.
      Votre rôle est de protéger le groupe. Si vous faites ça bien, les victimes de votre erreur finiront elles-mêmes par vous dire que ce n’est la faute de personne.   Simplement parce que vous aurez été honnête face au groupe dont vous avez la responsabilité.
    2. Ne restez pas tétanisé. La peur est un puissant inhibiteur de mouvement. La majorité des gens est paralysée par ses propres erreurs, sans pouvoir y apporter de solution ou appliquer la procédure PBM. Ca peut aussi être un moyen commode de ne rien faire, de gagner du temps pour vérifier si quelqu’un s’en rend compte… Ne soyez pas ce genre de personne. Entraînez-vous à réagir rapidement et sans vous cacher. L’essentiel une fois que la bourde est faite ce n’est pas de se planquer, c’est d’en limiter les conséquences néfastes.
    3. Acceptez qu’il y ait des rumeurs. Tout spécialement si vous avez connu des succès récents, il y aura des gens pour se féliciter de votre chute. Restez modeste et ignorez les ragots. Lorsque vous-vous serez relevé ces gens-là seront les premiers à vous lécher les bottes.
    4. Prenez les noms. Même si vous y êtes aujourd’hui jusqu’au cou, c’est seulement une question de temps avant que vous sortiez de ce bourbier.
      Vous saurez ne pas oublier qui vous a marché dessus lorsque vous étiez à terre. Comme dans les arts martiaux :  lorsqu’on vous a heurté il faut rendre le coup sous peine de perdre des points en crédibilité. Souvenez-vous, c’est la règle numéro 17. Alors, même si vous savez  »passer à autre chose » et même si vous avez assez de grandeur pour ne pas crier vengeance, vous pourrez montrer aussi quel est votre sens de la justice, lorsque vous serez revenu en situation de force. Soyez patient.
      Et pensez aussi bien entendu à noter les noms de ceux qui vous auront tendu la main. Solidarité gratuite, solidarité en attente d’un remboursement différé, service rendu pour être quittes… peu importe. Ces personnes vont ont aidé quand vous en aviez besoin. Si ce n’est pas toujours le signe d’une amitié éternelle, c’est au moins le signe d’une alliance qui mérite d’être entretenue. Remerciez. Tendez la main en retour. Soignez vos alliés.
    5. Associez cet événement à quelque chose de positif. Vous-vous souviendrez de cet échec et ça ne doit pas vous affaiblir chaque fois que vous y penserez. Quelle leçon avez-vous apprise à cette occasion ? Qu’avez-vous fait de grand pour corriger l’erreur ou pour vous relever après la chute ? C’est de cela qu’il faudra vous souvenir, pas du goût de la boue que vous aviez dans la bouche lorsque vous étiez au fond du trou.

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Vous allez survivre (probablement) et d’une manière ou d’une autre ce m*rdier finira un jour.
Respirez profondément, gardez le dos droit et… en avant. Faites face.

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Une fois que vous aurez fini de vous relever, une fois que vous aurez rendu les coups, ce sera le moment de lâcher prise. Victoire ou échec de toute manière c’est terminé. Fi-ni.
Je pense bien que vous ne faites pas autant d’efforts simplement pour perdre, mais si la défaite survient, inutile de s’y attarder. Ce n’est pas parce que c’est une défaite qu’il faut y passer plus de temps qu’une victoire.

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Dans votre modestie, gardez la tête haute. Assumez vos responsabilités de la même manière pour les succès et pour les échecs.
Puis passez à la suite. : la vie vous attend !

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