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Les aventures d'un ethnologue dans le grand monde

Comment décrocher un emploi que vous n’aimerez pas 3 mars 2012


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Nous avons déjà parlé des différentes façons de saboter son entretien de recrutement, le genre de situation où le recruteur se dit que vous seriez très bien chez un concurrent…

Pour continuer sur cette lancée, on peut également parler des différents signes qui montrent que vous êtes en train de postuler pour un travail que vous n’aimerez pas.
Bien souvent lorsque quelqu’un est en recherche d’emploi, il (elle) fait appel à ses connaissances pour élargir les possibilités. C’est une bonne chose de faire fonctionner son réseau et d’ailleurs un réseau ça sert d’abord à ça. Les personnes qui utilisent leur réseau de contacts pour vendre leurs compétences ont un taux de satisfaction plus élevé concernant leur travail. En cumulant réseau local et internet, cela permet aussi de ne pas se limiter à un soi-disant bassin d’emploi : votre prochain employeur pourrait bien avoir son siège social à Pékin, Zürich ou Carhaix-Plouguer. Peu importe, ce qui compte c’est l’endroit d’où vous pouvez faire le job.
Toujours est-il qu’en rendant publique votre recherche, vous-vous exposez à un risque majeur qui est d’écouter davantage les avis d’autrui que votre propre intuition. Cela s’applique aussi aux entreprises elles-mêmes qui sont susceptibles de diffuser un discours attractif (ou pas) qui va finir par couvrir votre avis personnel.

Or votre intuition est extrêmement précieuse car elle vous parle à vous, de vous. Personne d’autre ne peut le faire. Vous aurez beau écouter autrui, si votre intuition vous affirme le contraire c’est que quelque part, au-dedans, il y a un truc qui cloche. L’idée majeure consiste non pas à chercher un emploi mais à vendre des compétences. Dans cette position, c’est vous qui êtes le plus à même de sentir si vous pouvez vous engager et signer le contrat.

Apprenez à faire confiance à vos tripes !

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.Faites comme si  :
…comme si vous aviez tout compris, comme si ça vous intéressait.  Si vous allez à l’entretien de recrutement en pensant « que puis-je faire pour avoir l’air intéressé ? » alors il est probable que non, ça ne vous intéresse pas.
Sachez faire la différence entre quelqu’un qui est prêt pour une nouvelle aventure et quelqu’un qui est prêt à n’importe quoi, au sens propre. Voir ci-dessous.
Si vous parvenez à duper les recruteurs, vous parviendrez tous à un désastre collectif où votre désintérêt profond se traduira par un travail mal fait.
Jamais vous ne parviendrez à atteindre le niveau d’appropriation qui est le signe que votre boulot est épanouissant.

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Faites-le pour le prestige :
Bien sûr que ça compte, l’argent, l’éclat et la renommée. Mais pas que-
Car le prestige n’est pas un bon indicateur d’une vie réussie, que ce soit en argent cash, en récompenses symboliques ou en célébrité plus ou moins publique.

Votre voisin sort en Audi A8 pour aller au bureau ? Oui, et alors ?
Souvenez-vous : c’est la quatrième chose dont vous n’avez plus besoin, déballer vos attributs de pouvoir en public.

Il m’arrive parfois de piéger des étudiants en leur demandant s’ils accepteraient un premier emploi payé 20.000 euros chez Amazon, Siemens ou [autre grande entreprise]. La réponse est trop souvent un oui franc et massif.
Devant leur sourire béat j’insiste sur le fait qu’ils viennent juste d’accepter un emploi sans savoir de quoi il s’agit et qu’ils pourraient aussi bien nettoyer des toilettes ou faire des photocopies pendant des années. Ne vous laissez pas abuser par les apparences sur le papier, ni séduire, ni effrayer. 
Jugez sur pièces, touchez les détails, posez des questions, faites-vous votre propre idée.
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Dites au recruteur ce qu’il (elle) veut entendre :
La relation avec le recruteur doit être honnête et sincère (d’abord) et il en va de même pour vos collègues et partenaires de travail (ensuite).
Parfois, éventuellement, il est possible de conclure que ça ne marchera pas.
Inutile d’aller plus loin, reconnaissons-le paisiblement, entre adultes. C’est ça faire preuve de professionnalisme.
Bien souvent pour ceux qui faisaient comme si ça les intéressait, c’est d’ailleurs un soulagement d’entendre que l’autre a vu clair dans leur jeu et qu’il sait prendre la bonne décision pour deux. On vous rappellera, merci. Voir ci-dessus.

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C’est pour manger :
Il y a un dicton qui affirme que faute de grives on mange des merles et un autre qui affirme que les époques désespérées appellent des décisions désespérées.
Autrement dit : il faut bien manger / payer le loyer / vêtir les enfants.
Mais choisir un emploi par désespoir est presque une garantie de faire empirer la situation. Vous n’apprécierez pas votre emploi (c’est un moindre mal), vous n’y ferez pas du bon travail (c’est pire) et vous arriverez le premier jour en pensant déjà que vous n’y êtes pas bien (c’est encore pire).
Les personnes désespérées n’ont que faire de la notion subtile de création de valeur, alors qu’un travail digne de ce nom crée de la valeur, pour vous d’abord… c’est même pour ça que vous l’avez choisi.

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Acceptez du temps de transport :
Les longs transports pour aller et revenir du travail sont une plaie, que cela soit dit. S’il faut fixer une limite, je dirais une heure aller simple ce qui est déjà vraiment beaucoup.
Que ce soit en voiture, en train, en avion ou n’importe, une heure de transit c’est une heure de perdue, c’est fatigant (même si ce n’est pas vous qui conduisez le train), c’est désagréable, ça peut être une perte financière et vous pourriez toujours faire autre chose à la place.
Je sais, je l’ai déjà subi.
Au bout de cinq jours vous comprendrez que vous avez perdu 10 heures de votre vie pour 40h de présence au travail… et je suis bien certain que vous n’avez pas dix heures de vie à perdre chaque semaine.

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Au final, comme pour bien d’autres sujets, il s’agit avant tout d’être honnête avec vous-même si vous voulez faire un travail qui vous plaît et où vous pouvez devenir très bon. Sans honnêteté, votre vie professionnelle sera bâtie comme un château de cartes et elle finira par s’effondrer quasi spontanément.
Alors un peu avant de vous présenter à votre prochain entretien de recrutement, demandez-vous ce qui pourrait arriver si vous étiez réellement sincère avec les personnes en face de vous.
Paisiblement, entre adultes. C’est ça faire preuve de professionnalisme… et peut être bien que ça leur plaira, aux gens assis en face de vous.

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One Response to “Comment décrocher un emploi que vous n’aimerez pas”

  1. Yannick Says:

    Many thanks, you’re welcome to follow-up !


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